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VIDEO - Comment Sarkozy a changé de discours sur le gaz de schiste

Nicolas Sarkozy pour son premier meeting en tant que candidat à la présidence de l'UMP.

Nicolas Sarkozy pour son premier meeting en tant que candidat à la présidence de l'UMP. - Philippe Huguen - AFP

L'ex-président français s'est prononcé ce jeudi 25 septembre en faveur de l'exploitation du gaz de schiste en France, à l'occasion de son premier meeting dans le cadre de sa candidature à la présidence de l'UMP.

Nicolas Sarkozy a tenu jeudi soir à Lambersart (Nord) son premier meeting depuis son retour en politique. Il a confirmé des primaires à l'UMP en 2017, accusé Hollande de n'avoir respecté aucun des engagements de "Moi, président", et renoncé à se prononcer sur le mariage homosexuel. Il a en revanche été plus tranché sur la question du gaz de schiste, dont l'exploitation est interdite dans l'Hexagone: il a appelé à "profiter" des réserves françaises.

"Je ne peux pas accepter que les Etats-Unis soient devenus du point de vue de l'énergie indépendants grâce au gaz de schiste et que la France ne puisse pas profiter de cette nouvelle énergie alors que le chômage ravage tant de nos territoires et tant de nos familles, c'est inacceptable", a lancé l'ancien chef de l'Etat.

La "responsabilité" plutôt que la "précaution"

"Je souhaite clairement que nous réfléchissions aux conséquences du principe de précaution auquel je préférerai toujours le principe de responsabilité", a-t-il ajouté. "Avec la précaution on s'abstient de faire, avec la responsabilité, on assume la conséquence de ses choix et on ne se condamne pas à l'immobilisme".

Aujourd'hui, il n'existe qu'une seule technique d'exploitation du gaz de schiste: la fracturation hydraulique. Controversée, elle consiste à injecter de l'eau à forte pression, associée à des produits chimiques, afin de briser les roches, situées à de très grandes profondeurs, dans lesquelles le gaz et le pétrole de schiste sont prisonniers et ainsi de les faire remonter en surface.

Changement de discours depuis 2011

Les associations de défense de l'environnement et des experts dénoncent les risques liés à des pollutions des nappes phréatiques en cas de fuite, ou encore les émissions de gaz à effet de serre engendrées par cette production.

La position actuelle de Nicolas Sarkozy pose question au regard de ses déclarations passées. En 2011, alors président en visite dans le Gard, il estimait que "l'exploitation des ressources en hydrocarbures contenues dans notre sous-sol est un enjeu stratégique pour notre pays, mais pas à n'importe quel prix. Cela ne se fera pas tant qu'il n'aura pas été démontré que les techniques utilisées sont respectueuses de l'environnement, de la complexité des sols et des réseaux hydrologiques".

Il venait à l'époque d'abroger trois permis d'exploration, qui avaient suscité des manifestations hostiles dans la région, au groupe américain Schuepbach en Ardèche et dans l'Aveyron, et à Total à Montélimar. Il avait enfin évoqué une loi votée justement sous son quinquennat, sur proposition du député UMP Christian Jacob, qui interdisait le recours à la technique de fracturation hydraulique pour exploiter le gaz de schiste. Se réclamant de ce texte, il avait demandé à ses ministres de s'assurer que les autres permis accordés "soient strictement limités aux activités conventionnelles".

N.G. avec agences