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Valls: "le risque de déflation est réel" en zone euro

Manuel Valls s'exprimait en marge du séminaire gouvernemental à l'Elysée.

Manuel Valls s'exprimait en marge du séminaire gouvernemental à l'Elysée. - -

En marge du séminaire gouvernemental, Manuel Valls a donné la feuille de route de l'exécutif pour la rentrée. Et s'est montré très critique vis-à-vis de la politique économique européenne.

Indiquant que la rentrée allait "être difficile en matière de conjoncture économique", Manuel Valls a tiré la sonnette d'alarme en ce qui concerne la politique européenne. Selon lui "les politiques économiques de la zone euro ne sont pas efficaces" face à une croissance et une inflation plus basses que prévu, et "le risque de déflation est réel" car "au niveau européen, la croissance et l'inflation sont en retrait par rapport à ce que nous pouvions attendre". "L'écart se creuse entre la zone euro et le reste du monde", a-t-il laché.

Et même s'il considère qu'il existe une "certaine prise de conscience quant aux attentes des peuples en matière de croissance et d'emploi", celle-ci se traduit par une "terrible lenteur dans les faits". Manuel Valls a notamment pointé "l'absence de politique de change" ou encore une Banque centrale européenne "impuissante" face à la faible inflation. Le tout au moment où la nouvelle Commission européenne est en voie de constitution, et que Pierre Moscovici, l'ancien patron de Bercy, lorgne le poste de commissaire européen à l'Economie.

Déficits: un point mi-août "sans rien cacher"

Le chef du gouvernement a également prévenu qu'il ne fallait "pas éteindre la croissance" et que la réduction des déficits se ferait "en fonction de cet objectif". La France a besoin de "toutes les marges" au niveau européen pour qu'il y ait davantage de croissance, a-t-il renchéri. Il s'est toutefois refusé à dire si cela signifiait que la France renonçait à ramener son déficit public à 3% en 2015, comme elle s'y est engagée auprès de Bruxelles. Mais il a indiqué que Michel Sapin, le ministre des Finances, ferait le point mi-août "sans rien cacher".

Sur le plan national, le Premier ministre s'est contenté d'affirmer que la mise en oeuvre du pacte de responsabilité allait se poursuivre.
"Le pire serait de faire demi-tour au milieu du chemin. Nous perdrions tout: les réformes et les résultats à venir. Nous ne changeons pas en fonction des circonstances", a-t-il dit. "Notre politique sera le pacte, tout le pacte et encore plus loin que le pacte (...) les acteurs économiques, les entreprises ont besoin de stabilité et de visibilité dans la durée."

Un mot d'ordre: l'investissement

Manuel Valls a également tenu à rassurer les collectivités locales, inquiètes de voir leurs projets ne pas aboutir à cause du plan d'économies mis en place. Et ce alors que des assises de l'investissement doivent se tenir fin septembre.

"S'il y a un mot d'ordre pour soutenir, accompagner la croissance, c'est bien l'investissement. Nous allons continuer à soutenir toutes les initiatives, publiques et privées. Nous venons de lancer les négociations sur les contrats de plan Etat-région", a-t-il aussi dit.

"Nous encourageons l'investissement en matière d'économie d'énergie, de logement, d'infrastructure, de travaux publics, de transport, et notamment et pas seulement dans le cadre du Grand Paris", a-t-il précisé.

"Sortir d'un dialogue social formel et compartimenté"

Enfin, le locataire de Matignon a tenu à souligner l'importance du dialogue social, quoique trop peu efficace selon lui. "Nos règles de dialogue social sont trop complexes, notamment dans les PME. Et ce au détriment des employeurs mais aussi, je veux le rappeler, des salariés", a-t-il affirmé.

"Il faut sortir d'un dialogue social formel et compartimenté pour lui redonner tout son sens et son importance", a-t-il poursuivi, assurant que "les syndicats mais aussi les chefs d'entreprises en sont demandeurs".

Y. D .avec agences