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Transports gratuits au Luxembourg dès l'an prochain: une aubaine pour 100.000 Français

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Trains, bus et tramways seront gratuits dans le Grand Duché à compter de mars 2020. Financée par les impôts des Luxembourgeois, la mesure profitera sans limite aux frontaliers qui viennent tous les jours travailler dans leur pays.

Le Luxembourg va introduire la gratuité des transports en commun de tous le pays à partir du 1er mars 2020. Cette mesure sera financée par les impôts, a annoncé lundi le gouvernement du Grand-Duché. Il n'y aura plus besoin de montrer un quelconque titre de transport pour prendre le train, le bus et le tram, mais les passagers seront tenus d'avoir sur eux une carte d'identité, indique le ministre luxembourgeois de la Mobilité, François Bausch.

Dans les trains, seule la 2ème classe sera gratuite tandis que la 1ère classe, qui représente actuellement 2,7% de l'ensemble de la fréquentation, restera payante. Pour certaines lignes de bus gérées par les municipalités, la décision d'octroyer la gratuité reviendra cependant aux maires. Mais François Bausch recommande "à tous de participer".

Pour le ministre, la gratuité des transports "est une mesure sociale importante, c'est la cerise sociale sur le gâteau d'une stratégie globale". La mesure devrait coûter 41 millions d'euros par an au Luxembourg et, comme le rappelle François Bausch, "ce sera payé via les impôts". Il s'agit d'une des mesures phares de l'accord de coalition du gouvernement mené par le libéral Xavier Bettel, réélu en octobre pour un second mandat.

100.000 Français concernés

En parallèle, le Luxembourg prévoit d'investir 2,2 milliards d'euros dans le rail entre 2018 et 2023. Quant aux bus, ils devraient être électriques dès 2030. François Bausch le reconnaît, "la gratuité des transports publics ne constituera pas la panacée pour faire basculer tous les usagers sur le transport public, nous le savons très bien".

Outre ses 600.000 habitants, le Luxembourg accueille chaque jour 200.000 travailleurs frontaliers venus des pays limitrophes, dont 100.000 en provenance de France. "Pour les frontaliers, il y aura une réduction considérable" des tarifs, a assuré le ministre puisque seule la portion allant du point de départ à la frontière luxembourgeoise restera payante.

De son côté, le principal syndicat des transports, le FNCTTFEL Landesverband, a rappelé lundi son hostilité à la gratuité en organisant un piquet de protestation devant le cabinet du ministre. "On dit non à la gratuité des transports parce que les conditions ne sont pas réglées pour que ça soit une histoire à succès", a expliqué à l'AFP son président, Georges Merenz.

Le syndicat s'inquiète notamment pour l'emploi de quelque 350 guichetiers, accompagnateurs de train et autres contrôleurs.

Frédéric Bianchi avec AFP