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Brexit: un rapport du gouvernement alerte sur le risque de pénuries en cas de no deal

La Banque d'Angleterre estime que la probabilité d'un Brexit sans accord a augmenté

La Banque d'Angleterre estime que la probabilité d'un Brexit sans accord a augmenté - Isabel Infantes / AFP

Selon un rapport gouvernemental dévoilé par le Sunday Times, un Brexit sans accord risquerait d'entraîner des pénuries de denrées alimentaires, d'essence et de médicaments au Royaume-Uni. Les perturbations dans les ports pourraient durer jusqu'à trois mois.

À deux mois du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, un nouveau rapport du gouvernement vient renforcer les craintes des plus de 100 parlementaires britanniques qui ont appelé dimanche Boris Johnson à convoquer le Parlement pour tenter d’éviter un Brexit sans accord.

"Notre pays est au bord d’une crise économique alors que nous nous dirigeons vers un Brexit sans accord. […] Nous sommes devant une urgence nationale, et le Parlement doit être convoqué immédiatement", ont écrit les parlementaires qui souhaitent obliger le gouvernement à repousser le Brexit.

Pénurie de denrées alimentaires, d'essence et de médicaments

Pourtant, l’hypothèse d’une sortie sans accord, inimaginable il y a encore quelques mois, devient de plus en plus probable alors que le Premier ministre a promis de faire sortir le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre, quel que soient les conditions. Or, en cas de Brexit sans accord, explique le Sunday Times et cité par Capital, le Royaume-Uni serait probablement confronté à une pénurie de denrées alimentaires, d'essence et de médicaments.

Le journal se fonde sur un rapport gouvernemental qui a fuité. "Les documents présentent les plus probables conséquences d'un Brexit sans accord et non les pires scénarios", a-t-il souligné. Ce qu'a réfuté Michael Gove, bras droit du gouvernement, assurant sur Twitter que ces documents décrivaient "le pire scénario" et que "des mesures très significatives ont été prises ces trois dernières semaines pour accélérer les préparations du Brexit".

Perturbations dans les ports 

Le rapport estime que 85% des poids-lourds qui empruntent les différents points de passage entre le Royaume-Uni et l’Hexagone "pourraient ne pas être prêts" aux yeux des douaniers français. Ce qui provoquerait d’importantes perturbations dans les ports pendant trois mois environ.

Une pénurie de produits chimiques destinés à traiter l’eau est également envisagée, même si elle reste peu probable. "Il restera de l’eau potable", a tenté de rassurer Boris Johnson. Le rapport ajoute enfin que "les plans actuels visant à éviter les contrôles généralisés s’avéreront insoutenables" en cas de retour d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

Boris Johnson veut faire pression sur l'UE pour obtenir un nouvel accord en agitant la menace, de plus en plus imminente, d'un Brexit sans accord alors que Bruxelles refuse jusqu'à présent de rouvrir les négociations. Il doit rencontrer mercredi la chancelière Angela Merkel à Berlin puis jeudi le président français Emmanuel Macron. Puis il sera du 24 au 26 août à Biarritz pour le sommet du G7 où il s'entretiendra notamment avec le président américain Donald Trump, avec lequel il espère conclure un accord de libre-échange ambitieux après le Brexit.

P.L avec AFP