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Brexit: Londres renforce ses liaisons maritimes avec l'UE pour éviter une pénurie de médicaments

Le gouvernement britannique a signé de nouveaux contrats avec quatre compagnies maritimes

Le gouvernement britannique a signé de nouveaux contrats avec quatre compagnies maritimes - Mickael Tassart - AFP

Le gouvernement britannique a signé de nouveaux contrats avec des compagnies de ferries pour limiter les perturbations dans les ports en cas de Brexit sans accord. Ces contrats doivent permettre d'acheminer une plus grande quantité de médicaments vers le Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni continue ses préparations intensives pour faire face à un éventuel Brexit sans accord. Selon Sky News, le gouvernement britannique a signé une série de contrats avec quatre compagnies de ferries (Brittany Ferries, DFDS, P&O et Stena Line) pour une valeur totale de 86,6 millions de livres (99,4 millions d'euros).

Objectif: renforcer les liaisons maritimes, notamment pour acheminer des médicaments vers des ports situés à l’écart du détroit du Pas-de-Calais, à l’image de Teesport, Hull, Killingholme, Felixstowe, Harwich, Tilbury, Portsmouth et Poole.

Le Royaume-Uni qui importe deux tiers de ses médicaments craint en effet d’être confronté à une pénurie en cas de sortie brutale de l’Union européenne. Là-bas, l’industrie pharmaceutique s’est préparée depuis 18 mois à l’absence d’accord en stockant l’équivalent de six semaines d’approvisionnement de médicaments et de fournitures médicales.

13 routes différentes 

Les contrats signés entre le gouvernement et les compagnies maritimes vont permettre d’acheminer dès le 31 octobre 3000 poids lourds supplémentaires par semaine via 13 routes différentes au départ de Cherbourg, Caen, Le Havre, Zeebruges, Hoek van Holland, Rotterdam et Flardingue. "Le Royaume-Uni s'apprête à quitter l'UE le 31 octobre et, comme tout gouvernement avisé, nous nous préparons à toutes les possibilités", a tenté de rassurer le secrétaire aux Transports, Grant Shapps.

Il faut dire que les professionnels se sont montrés particulièrement préoccupés par la situation. Plus tôt dans la semaine, Sally Davies, la Chief Medical Officer (CMO), soit la principale conseillère du gouvernement en matière de santé, alertait sur le risque de voir des patients "mourir" si le Royaume-Uni était confronté à une pénurie de médicaments.

Le risque est d’autant plus grand que le gouvernement prévoit de possibles perturbations du trafic dans le tunnel sous la Manche pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois avec une réduction des capacités de fret de 60%. 

"Nous craignons qu’une partie de nos clients ne soient pas prêts"

Dans le cas où le gouvernement britannique réussirait à négocier un accord ou une prolongation avec l’UE, il devra payer des frais de résiliation de 11,5 millions de livres. Avec ces nouveaux contrats, il espère également faire oublier le fiasco de Seaborne Freight, une compagnie de ferries avec laquelle il avait également conclu trois contrats en décembre 2019 et qui s’était finalement avérée être une compagnie fantôme, ne possédant aucun navire.

"Notre action décisive signifie que tous les opérateurs de fret seront prêts à transporter des médicaments essentiels dans le pays dès le moment où nous quitterons l’UE", a assuré Grant Shapps.

Les fournisseurs de médicaments les plus essentiels devront s’inscrire pour utiliser les nouvelles capacités de transport offertes par ces contrats entre le gouvernement et les compagnies de ferries. Ils se verront ensuite attribuer un code d’accès leur permettant de réserver des billets sur les itinéraires dédiés.

Malgré ces traversées supplémentaires, les contrôles à la douane en cas de no deal pénaliseront immanquablement la chaîne d’approvisionnement. "Nous craignons […] qu’une partie de nos clients ne soient pas prêts, c’est-à-dire qu’ils ne soient pas en mesure d’obtenir les documents nécessaires pour passer la douane française et qu’ils provoqueront des perturbations", a déclaré Jesper Christensen, directeur des opérations de DFDS à Douvres.

Paul Louis