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Un nouveau samedi de manifestation? Gilets jaunes et politiques divisés

Un gilet jaune, lors d'une précédente manifestation.

Un gilet jaune, lors d'une précédente manifestation. - Fred Tanneau - AFP

Les annonces d’Emmanuel Macron, puis l’attaque survenue à Strasbourg, ont tempéré les ardeurs de certains, même si la tendance est au maintien des manifestations de samedi. Du côté des politiques, tous ne sont pas sur la même longueur d’onde.

"À un moment, il faut qu'on retrouve une forme de normalité". La prise de position de Laurent Nunez, n’a rien d’étonnante en soi. Mais en disant "espérer qu'il y aura moins de manifestations" pour "l’Acte V" que les gilets jaunes entendent maintenir, le secrétaire d’État à l’Intérieur n’est pas sûr d’être entendu.

Les annonces d’Emmanuel Macron, lundi lors d’une allocution télévisée, semblent avoir déçu la frange la plus active du mouvement. Même si certaines "figures", telles que la désormais célèbre Jacline Mouraud, ont appelé à une trêve, les gilets jaunes, dans leur ensemble, restent déterminés à obtenir bien plus de la part du chef de l’État -certains réclamant purement et simplement son départ.

Reste à savoir si l’attaque survenue à Strasbourg dans la soirée de mardi sera de nature à changer la donne. Ce mercredi, au sein des groupes "gilets jaunes" les plus actifs sur les réseaux sociaux, la tendance était claire: outre les théories complotistes qui se multiplient, très peu de membres appelaient à la suspension dudit Acte V.

La droite appelle à une trêve, pas le FN

Du côté des politiques, en revanche, on pouvait noter un changement de cap, notamment à droite. Mardi, Alain Juppé avait déjà appelé à "combattre" les "dangers pour la démocratie" qui souhaiteraient poursuivre le mouvement. Moins vindicatif, le numéro un de LR Laurent Wauquiez avait également souhaité sur BFMTV "que samedi prochain, il n'y ait pas de manifestation". Mardi matin, Eric Woerth (LR) avait également appelé les "gilets jaunes" à "lever le camp des ronds-points" et "à reprendre la vie". Idem pour le vice-président des Républicains Damien Abad, qui a appelé mercredi à "une trêve".

Marine Le Pen, elle, ne l'entend pas de cette oreille. "Nous ne pouvons pas nous laisser dire, dans une démocratie comme la France, qu’on ne pourrait plus jamais manifester car il existe une menace terroriste", a-t-elle déclaré sur BFMTV.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui avait officiellement appelé à la tenue d’un Acte V, a botté en touche. "Les gilets jaunes, les jeunes, n’ont aucune responsabilité dans cette situation terrible de Strasbourg. Et par conséquent il est très malvenu d’assimiler les uns aux autres, ou de vouloir intimider les uns avec les actes horribles les autres" a-t-il déclaré dans une vidéo postée sur son compte Twitter.

Quant à la motion de censure contre le gouvernement, portée par les députés de gauche, elle devrait être débattue ce jeudi avant d’être soumise au vote de l’Assemblée nationale. Même si le parti socialiste a officiellement appelé au report du débat "compte tenu de l’actualité dramatique".

Y.D.