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UIMM: un témoin raconte à quoi servait la caisse noire

Le procès de l'UIMM devrait durer trois semaines.

Le procès de l'UIMM devrait durer trois semaines. - -

Onze prévenus se sont présentés, ce 7 octobre, devant le tribunal correctionnel de Paris pour le procès des fonds secrets de la fédération patronale. Des millions auraient été détournés au profit d'organisations syndicales et de partis politiques.

Le procès des caisses noires de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) s'est ouvert, ce lundi 7 octobre. Onze prévenus se sont présentés devant le tribunal correctionnel de Paris afin de s'expliquer sur le détournement de plusieurs millions d'euros, retirés en liquide des caisses de l'organisation patronale entre 2000 et 2007. L'ancien patron, Denis Gautier Sauvagnac a toujours refusé de dire à quoi avait servi ces sommes.

Mais l'un des cadres dirigeants de l'UIMM, sous couvert d'anonymat, se montre plus bavard. 300 millions d'euros auraient été versés par ses adhérents au court de trois décennies. Ils auraient alimenté des fonds spéciaux destinés à financer les syndicats les moins radicaux.

"Le patronat a privilégié les contacts auprès des organisations syndicales anti-communistes, réformistes qui à l'époque étaient la CFTC, la CGC, puis assez rapidement la CFDT afin d'éviter leur affaiblissement et d'avoir le syndicat Sud partout", explique le témoin.

Des boîtes à chaussures remplies de billets

Cette caisse, baptisée antigrève, a aussi été utilisée par la classe politique. "A l'exception du Parti communiste, la plupart des partis politiques localement et nationalement ont bénéficié des fonds de la métallurgie", poursuit-il.

"Il n'était pas rare qu'un homme politique passe chercher auprès du patronat des sources de financement pour sa campagne. Il partait avec une petite boîte à chaussures dans laquelle il y avait un peu d'argent", révèle le témoin.

BFMbusiness.com et Sarah-Lou Cohen et Timothée Leblanc (vidéo)