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Sommet européen : Berlin impose son orthodoxie budgétaire

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Intraitable au cours des négociations, la chancelière allemande a finalement imposé ses vues à ses partenaires européens. Objectif : faire en sorte que l’ensemble de la zone euro s’astreigne à une discipline budgétaire de fer.

Un diplomate confiait vendredi après-midi à l’issue du sommet de Bruxelles : « une nouvelle Europe est née aujourd’hui».

Dequoi s’agit-il exactement ? D’une « union de stabilité budgétaire » : un nouvel ensemble qui s’engage à respecter une discipline budgétaire beaucoup plus forte et contraignante qu’aujourd’hui.

Finalement, Angela Merkel a donc obtenu tout ce qu’elle voulait : une règle d’or harmonisée à tous les pays signataires de cet accord, des sanctions automatiques pilotées de Bruxelles. Et enfin la possibilité d’instaurer une surveillance plus forte par la Commission de Bruxelles des budgets nationaux.

La France de son côté voulait absolument impliquer davantage la Banque centrale européenne : au final, la BCE va piloter les mécanismes européens de soutien financier. Mais son action n’ira pas plus loin.

En pratique, il n’y aura donc aucune licence bancaire permettant au MES ou au FESF de venir frapper à la porte de la BCE et aucun signe que la BCE pourrait intervenir plus massivement sur les marchés. Angela Merkel n’en voulait pas et il n’y a eu effectivement aucun progrès en ces sens.

La chancelière allemande aura simplement lâché sur la tenue d’une réunion mensuelle de la zone euro tout le temps que la crise dure. Une disposition dont elle ne voulait pas initialement. Une concession minime par rapport à tout ce qu’elle a obtenu….

Mathieu Jolivet