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Mobilisation à Lourdes pour sauver le 3ème producteur mondial de corned beef

Photo d'illustration de corned beef

Photo d'illustration de corned beef - Miguel Rojo - AFP

Les habitants, ainsi que les élus et les salariés, se sont mobilisés contre la fermeture de Toupnot. L'entreprise, qui emploie 71 personnes, a été ravagées par un incendie dans la nuit du 9 au 10 janvier.

Salariés, élus et habitants de la ville se sont mobilisées samedi 9 novembre à Lourdes contre la disparition de l'usine Toupnot (groupe Cofigeo, William Saurin), 3e producteur mondial de corned beef, qui emploie 71 personnes. "C'est toute une ville qui se mobilise pour l'avenir d'une usine et l'emploi. 71 emplois sont menacés", déplore le délégué du personnel Philippe Combes (CGT), qui espère un repreneur.

Ravagée par un incendie dans la nuit du 9 au 10 janvier 2019, 80% du site a été détruit par les flammes. Depuis, la production est à l'arrêt, mais les 71 salariés continuent de percevoir leur rémunération. "Toupnot et l'industrie doivent vivre dans notre département", "Pour nos emplois, nos familles, notre avenir", scandaient les manifestants.

Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la région Occitanie chargé de la viticulture et de l'agroalimentaire, participait à la mobilisation de samedi. "Nous soutenons le combat des salariés, assure-t-il. Il n'y a pas pléthore d'emplois à Lourdes", ville de 14.000 habitants. "S'il y a une réelle volonté de l'entreprise, la région est prête à mettre 2 millions d'euros sur la table, via des aides à l'investissement, pour préserver les emplois. Aujourd'hui, c'est le flou", ajouté l'élu régional. L'entreprise veut engager un PSE, mais le personnel et les collectivités s'y opposent et demandent qu'une "recherche sérieuse d'un repreneur soit menée", selon Philippe Combes. Au passage du cortège, les commerçants ont baissé leur rideau en signe de solidarité.

Exportation dans 60 pays

Fondée en 1932, Toupnot est restée une entreprise familiale jusqu'en 2015. L'usine de Lourdes appartient aujourd'hui au groupe français Cofigeo (William Saurin, Raynal Roquelaure). Elle produisait du corned beef, des plats cuisinés, essentiellement pour l'exportation dans 60 pays et la grande distribution. La maire de Lourdes Josette Bourdeu (Parti radical de gauche) dénonce un "mépris" et "désinvolture" de la part de Cofigeo, "inacceptable de la part d'un tel groupe agro-alimentaire, qui s'impose aujourd'hui comme un leader en France dans son domaine".

"Un groupe qui a su et pu bénéficier de l'accompagnement et de l'aide de l'État, souligne la maire, pour acquérir cette position de quasi-monopole en contrepartie d'engagements fermes et actés par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire d'un maintien de l'emploi, notamment sur le bassin lourdais si durement affecté depuis des années".

D. L. avec AFP