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Le niveau de vie médian des ménages les plus pauvres a baissé en 2018 alerte le Secours Catholique

Le taux de chômage des personnes accueillies par le Secours Catholique est sept fois plus élevé que celui de la population France entière.

Le taux de chômage des personnes accueillies par le Secours Catholique est sept fois plus élevé que celui de la population France entière. - Philippe LOPEZ-AFP

La situation financière des ménages accueillis par le Secours Catholique montre une baisse du niveau médian à 535 euros en 2018. Une des causes est liée à la hausse de la part de ménages ne percevant aucune ressource, et parmi eux de ceux sans droit au travail, selon le rapport 2019 sur l'état de la pauvreté en France, de l'association.

Sur le 1,347 million de personnes accompagnés par le Secours Catholique-Caritas France en 2018, 72.343 ménages ont fait l'objet d'une étude particulière de leur situation par l'association, précise son rapport 2019 sur l'état de la pauvreté en France. Sur le plan économique, le constat est assez inquiétant puisque, selon ce document le niveau de vie médian baisse, la part de personnes sous le seuil d’extrême pauvreté augmente et les conditions de vie des familles avec enfants se dégradent".

Dans le détail, "le niveau de vie médian (valeur divisant en deux parts égales l'échantillon, NDLR) accueillis au Secours Catholique atteint 535 euros pour l’année 2018, il est en baisse par rapport à 2017, de moins 15 euros en euros constants, et de moins 5 euros en euros courants" constate le document.

Selon ce dernier," pour la première fois depuis 2010, le niveau de vie médian des ménages percevant des ressources diminue aussi en euros constants. Les ménages accueillis qui perçoivent des revenus en perçoivent donc sensiblement moins qu’en 2017". Le niveau de vie d’un ménage mesure les ressources disponibles pour chacun de ses membres, et s’obtient en divisant les revenus de l’ensemble des membres par le nombre d’unités de consommation (1 adulte=1 unité de consommation, les autres adultes et les enfants de 14 ans ou plus comptent pour 0,5 UC).

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Pour le Secours Catholique, une des explications à cette baisse constatée "provient de l’accroissement de la part de ménages ne percevant aucunes ressources, et parmi eux des ménages sans droit au travail". Parmi les ménages accueillis, la proportion de ceux ne percevant aucune ressource s’accroît, elle atteint 20% cette année-là, soit un ménage sur cinq. À ceux-ci, s'ajoute 5% de ménages qui ne perçoivent que des ressources informelles, une proportion qui augmente depuis 2010 où elle atteignait 2%.

"C’est donc un quart des ménages accueillis au Secours Catholique qui ne perçoivent aucunes ressources formelles, ni revenu du travail, ni transferts, soit 10 points de plus qu’en 2010".
Ces ménages sont dans une grande majorité des ménages sans droit au travail ni aux transferts, "ils représentent 64% des cas de ménages sans ressources formelles. Les 36% restants sont des ménages ayant des droits, mais en situation d’exclusion: 21% des ménages sans ressources formelles sont composés de personnes seules de nationalité française ou étrangère en situation stable et régulière, parmi lesquels on compte 14% d’hommes" explique le rapport 2019 sur l'état de la pauvreté en France.

Enfin, "le taux de chômage des personnes accueillies par le Secours Catholique est sept fois plus élevé que celui de la population France entière" explique l'association. C'est pourquoi, dans ce contexte, le Secours Catholique s'inquiète "particulièrement de l'impact de la mise en oeuvre de la réforme de l'assurance chômage" depuis le 1er novembre 2019. 

Frédéric Bergé