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Hulot et Berger (CFDT) présentent leur plan écolo et social pour le "pouvoir de vivre"

Nicolas Hulot - Image  d'illustration

Nicolas Hulot - Image d'illustration - BFMTV

Un collectif de 19 syndicats et ONG ont travaillé sur une liste de 66 propositions visant à créer un nouveau pacte social et environnemental. Elles appellent tous les dirigeants, quel que soit leur niveau, à appliquer ces mesures et les défendront à chaque nouveau projet de loi.

À dix jours de la clôture du grand débat national, 19 syndicats et ONG -avec en tête la CFDT, la Fondation Hulot, Abbé Pierre et le Secours Catholique-, ont dévoilé un pacte social et environnemental composé de 66 propositions "qui permettent à chacun le pouvoir de vivre".

Cette expression reprend l'idée du "Grenelle du pouvoir de vivre" que proposait sur notre antenne fin janvier le numéro un de la CFDT, Laurent Berger. Ce dernier s'exprime ce mardi dans une interview au journal Le Monde avec Nicolas Hulot. L'objectif de cette coalition est de "rendre définitivement indissociables l'enjeu écologique et l'enjeu social", a souligné l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire.

Ses propositions seront mises en avant lors des quatre grandes conférences nationales du Grand débat qui se tiendront à Paris du 11 au 13 mars et lors de la Marche pour le climat le 16 mars. Plus globalement, les 19 organisations "appellent le gouvernement, les élus, les employeurs, et plus généralement tous les décideurs, à mettre en œuvre ce pacte à leur niveau", ont-elles indiqué dans leur communiqué. "Elles appellent également les citoyens et les autres organisations de la société civile à se mobiliser pour en soutenir les propositions."

"Un big bang fiscal"

Dans le détail, leurs propositions sont découpées en quatre grands thèmes. Le premier rassemble des mesures de lutte contre les inégalités. Il s'agit alors de mettre en place un encadrement des loyers dans les zones tendues, de lutter contre l'influence de l'origine sociale dans la réussite à l'école, ou encore de garantir d'un niveau de retraite au moins égal au Smic pour une carrière pleine. 

Dans Le Monde, Nicolas Hulot plaide également pour "un big bang fiscal", parce que "la fiscalité actuelle n'est pas juste, que le partage de l'effort n'est pas équitable", a-t-il précisé. Il serait question de rendre les impôts plus progressifs et de taxer davantage les hauts patrimoines. Mais aussi d'agir en amont, en plafonnant la rémunération des dirigeants et en encadrant les écarts de salaires au sein des entreprises.

La taxe carbone devrait, selon le collectif, être élargie aux autres modes de transport: à savoir l'aérien, le maritime et le transport routier de marchandises. Bercy doit faire "son deuil sur l'affectation de la taxe carbone au budget national" qui doit aller "intégralement" à la dimension sociale, a insisté l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire.

Investir 55 à 85 milliards d'euros de plus par an

Les 19 ONG et syndicats estiment que toute nouvelle loi doit faire l'objet d'une évaluation de son impact sur les 10% les plus pauvres et de sa compatibilité avec les objectifs de développement durable. Le collectif va lancer un "observatoire du pouvoir de vivre", chargé de décrypter les textes législatifs comme par exemple le budget ou la loi mobilités.

Il plaide également en faveur d'une politique d'investissement ambitieuse dans la transition écologique, qui serait de 55 à 85 milliards d'euros de plus par an que ce qui est prévu pour la période 2019-2023. Ces moyens seraient mobilisés conjointement par le privé et le public. Pour que l'État ne soit pas bloqué par ses engagements, il faudrait "être capable d'extraire les investissements des critères européens", autrement dit les sortir du calcul des 3% de déficit public, a insisté Nicola Hulot.

Critiquant "un exercice trop vertical" du pouvoir qui oublie les corps intermédiaires, la coalition juge nécessaire de le partager davantage la prise de décision, à la fois dans les institutions et dans les entreprises. Elle propose, entre autres, d'instaurer des jurys citoyens qui évalueront les politiques publiques et que les représentants des salariés occupent la moitié des sièges dans les conseils d'administration des grandes groupes.

Jean-Christophe Catalon