BFM Business

SNCF, retraités, fonctionnaires, … Agnès Buzyn ne voit pas de "convergence des luttes"

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. - Erci Feferberg - AFP

Le gouvernement fait face, en ce moment, à la colère des cheminots, de fonctionnaires ou encore des retraités. Pour autant, la ministre des Solidarités et de la Santé estime que pour qu'il y ait "convergences des luttes", il faut qu'il y ait "une convergence des problématiques et ce n'est pas le cas".

Si la grogne monte de toute part, la fronde n'est pas commune. C'est en tout cas ce que pense Agnès Buzyn, ministre de la Santé, dans un entretien au JDD. Jeudi 15 mars, à l'appel de neuf organisations nationales, les retraités ont défilé dans les rues pour protester contre la hausse de la CSG. Une semaine plus tard, jeudi 22 mars, le gouvernement va faire face à une autre grogne, de grande ampleur, celle des cheminots, des salariés de la RATP et des fonctionnaires. Les cheminots manifestent contre les réformes profondes de la SNCF, la RATP pour dire son "refus de voir remettre en cause le service public dans ses missions", et les fonctionnaires contre la réforme de la Fonction publique. À ces mécontentements, s'ajoutent notamment ceux des personnels des maisons de retraites médicalisées (Ehpad), qui dénoncent un manque de moyens.

Il serait tentant d'y voir une convergence des luttes. Pas du tout répond, Agnès Buzyn. "Il faudrait, pour cela, qu'il cela qu'il y ait une convergence des problématiques et ce n'est pas le cas", estime-t-elle. " Certains souhaitent faire coaguler tous ces mécontentements. Si nous prenons le temps d'expliquer nos objectifs, cela ne prendra pas", ajoute la ministre.

Et les objectifs du gouvernement c'est justement de mener à bien toutes ces réformes d'ici la fin du quinquennat. "Cinq ans, c'est court. Nous avons un devoir d'efficacité, donc nous ouvrons tous les sujets de façons concomitante". Et, selon elle, tous ces sujets sont prioritaires. Au JDD, elle affirme vouloir "expliquer que ces efforts sont nécessaires pour que notre pays retrouve sa croissance, sa capacité à sortir du chômage de masse et à maîtriser le montant de la dette laissée aux générations suivantes. La transformation ne se fait contre personne".

"La France a perdu trop de temps"

D'ailleurs, même son de cloche du côté du Premier ministre Édouard Philippe, lui aussi interrogé par le JDD. " Nous réformons le pays sans double discours et au rythme annoncé. La France a perdu trop de temps au cours des années passées alors que le monde, lui, changeait à grande vitesse. Les Français le savent et attendent des résultats, pas de la vieille tactique. Donc on avance, dans le dialogue, mais sans mollir ni procrastiner".

Et là également, face à la grogne, la même solution: la pédagogie. "Toute transformation rajoute des inquiétudes. Au gouvernement d'expliquer encore et toujours le sens de son action, le cap suivi, et les conséquences pour le quotidien de chacun".

Les grandes lignes du plan pauvreté

Dans cet entretien au JDD, Agnès Buzyn a dévoilé les grandes lignes de son futur plan pauvreté. La ministre des Solidarités et de la Santé veut "donner dès le plus jeune âge toutes les chances de sortir de la pauvreté". Elle ne désire pas un plan "d'assistanat, mais d'investissement social".

Si la ministre exclut d'augmenter les minimas sociaux, elle veut aider les jeunes qui sortent brutalement de l'aide sociale à l'enfance dès 18 ans. "L’idée est de leur garantir une solution d’emploi, de formation, de logement, eux qui n’ont ni famille ni revenus". Et elle veut mettre l'accent sur les 20.000 décrocheurs de 16 à 18 ans qui n'ont ni emploi ni formation. Elle prévoit également d'augmenter le minimum vieillesse en avril et l'allocation adulte handicapé d'ici la fin de l'année. Elle préconise aussi de rendre plus lisible le recours aux minimas sociaux pour "lutter contre le non-recours aux aides" et d'y ajouter plus d'accompagnements. Et enfin, concernant la pauvreté des plus jeunes, elle aimerait notamment mettre en place des petits déjeuners pour les élèves qui ne font qu'un repas par jour.

D. L.