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SNCF: les grévistes "risquent de ne plus être compris du tout par les Français", estime Édouard Philippe

Édouard Philippe

Édouard Philippe - LUDOVIC MARIN / AFP

Dans un entretien accordé à 20 minutes, le Premier ministre qualifie de "surenchère" la poursuite de la grève des cheminots alors que la réforme ferroviaire a été votée. "Fais grève contre une loi, dans une démocratie, c'est curieux", déclare-t-il.

Édouard Philippe met en garde, dans un entretien paru ce vendredi dans 20 Minutes, les cheminots grévistes qui "risquent de ne plus être compris du tout par les Français" s'il continuaient leur mouvement pendant la période des examens et la période estivale.

La réforme de la SNCF, que les syndicats continuent à contester, a été définitivement adoptée jeudi par le Parlement, avec un ultime vote au Sénat, sans que la grève des cheminots, la plus longue depuis trente ans, ne s'arrête.

"Il y a le bac qui arrive. Il y a les vacances qui arrivent. Et il y a des Français qui ont envie de prendre le train sans galérer après cette longue grève. Je pense que ceux qui sont dans une forme de surenchère, alors que la loi a été votée, risquent de ne plus être compris du tout par les Français", a déclaré le Premier ministre.

"Faire grève contre une loi, dans une démocratie, c'est curieux"

"La grève est un droit constitutionnel. Il n'est pas question d'interdire à quiconque le droit de faire grève. Mais faire grève, c'est aussi prendre ses responsabilités. Quand la loi est votée, elle doit être appliquée. Faire grève contre une loi, dans une démocratie, c'est curieux", a poursuivi le Premier ministre.

"Surtout quand le gouvernement, l'État, et donc les Français, s'engagent à payer 35 milliards d'euros de dette supplémentaire pour permettre à l'entreprise de mieux fonctionner et de se développer. Il y a un moment où il faut entendre ce que les Français ont à dire. Et les Français aimeraient que cette grève se termine", a-t-il ajouté.

Philippe laisse la main aux régions pour les petites lignes

À la question: pensez-vous que l'État a offert assez de garanties pour l'avenir des petites lignes, qui va incomber aux régions? Édouard Philippe répond: "Il serait absurde d'imaginer que l'État, que le Premier ministre dans son bureau à Paris, puisse savoir quelle petite ligne est indispensable et quelle autre doit être, le cas échéant, fermée".

"Ces réflexions doivent venir du terrain. C'est une discussion entre les entreprises ferroviaires, qui exploitent des lignes, et les régions, qui définissent des plans de mobilité. Pour les lignes inter-régionales, il peut y avoir des sujets spécifiques à traiter entre les régions, les entreprises et l'État. C'est comme ça que ça se passera, dans une approche très pragmatique et proche du territoire", affirme-t-il.
P.L avec AFP