BFM Business

Qui pour diriger Force Ouvrière?

Pascal Pavageau a été contraint de démissionner à la suite du scandale du fichage des cadres de FO.

Pascal Pavageau a été contraint de démissionner à la suite du scandale du fichage des cadres de FO. - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Alors que le syndicat peine à se désempêtrer du scandale du fichage de ses cadres, les candidats au remplacement de Pascal Pavageau ont jusqu’à ce mardi pour se faire connaître. Trois prétendants ont déjà déposé leur candidature: Patrice Clos, Yves Veyrier et Christian Grolier.

Pour tourner la page du scandale ayant emporté son secrétaire général Pascal Pavageau, Force Ouvrière va devoir se choisir un nouveau leader. Et ce mardi 6 novembre s’avérera crucial dans le processus de désignation, puisqu’il constitue la date limite de dépôt des candidatures.

Lundi soir, un candidat s’était officiellement lancé. Il s’agit de Patrice Clos, le secrétaire général de la fédération des transports. S’il a dès le départ pris ses distances avec le fameux fichier -deux proches collaboratrices de Pascal Pavageau avaient mis en place un annuaire des cadres de FO avec des commentaires parfois peu élogieux- il n’a jamais lâché le désormais ex-patron du syndicat. Et se pose en garant d’une frange "historique" de la confédération, assurant vouloir mettre en œuvre le texte issu du précédent congrès, signé par 96% des présents.

Potentielles luttes intestines

En interne, certains espéraient que cette candidature reste la seule, afin d'éviter de potentielles luttes intestines entre les différents courants: les réformistes, auxquels appartenait l’ancien secrétaire général Jean-Claude Mailly, les Trotskistes du Parti ouvrier indépendant (ex-Parti des travailleurs), et les anarchistes. Ces derniers voient d’un bon œil la candidature de Patrice Clos, même si celui-ci se défend d’appartenir à l’une de ces trois chapelles.

Mais quelques heures plus tard, la presse a révélé que deux autres prétendants ont déposé leur candidature. Il s'agit du secrétaire confédéral Yves Veyrier et du patron de FO-fonctionnaires Christian Grolier.

Élections professionnelles dans la fonction publique

Le futur patron, quel qu'il soit, ne changerait qu'à la marge la ligne du syndicat. Adoptée très largement en avril lors du congrès confédéral de Lille, elle prône un durcissement de l'opposition face à la politique sociale d'Emmanuel Macron.

Ces élections relèvent avant tout de luttes internes qui, si elles venaient à dégrader davantage l'image d'une organisation déjà bien entamée par l'affaire du fichage, risqueraient de se payer cash et tout de suite. Car l'élection du nouveau secrétaire général de FO doit intervenir le 22 novembre, soit exactement deux semaines avant un scrutin crucial: les élections professionnelles dans la fonction publique.

Y.D.