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Prêts garantis de l’Etat: les banques vont devoir aussi regarder les mauvais dossiers

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Alors que de plus en plus de patrons dénoncent leurs difficultés pour accéder au prêt garanti par l'Etat, le ministère de l'Economie annonce que les banques vont encore plus ouvrir les vannes du crédit.

Sur le papier, le prêt garanti par l'Etat (PGE) est un succès. Près de 290.000 entreprises sont concernées et 55 milliards d'euros de prêts ont ou vont être distribués selon le dernier décompte, comme l'a souligné ce lundi sur France Info Frédéric Oudéa, président de la FBF (Fédération bancaire française) et directeur général de la Société Générale. Pourtant, l'octroi de ce prêt n'a rien de systématique et de plus en plus de patrons dénoncent leurs difficultés pour accéder au PGE à travers leurs banques.

La Fédération bancaire française assure que le taux de refus pour les entreprises éligibles est de 5%. C'est peu mais pas négligeable pour autant.

Face à cette situation, le ministère de l'Economie a demandé aux banques de faire plus. A l'issue d'une réunion ce lundi, Bercy indique que les banques vont inclure toutes les entreprises dans le dispositif du PGE, même celles qui sont mal notées (5/6 et au delà par la Banque de France).

Jusqu’ici, les banques éliminaient quasi automatiquement les mauvais dossiers, en se "réfugiant" derrière l’excuse des mauvaises notes de la Banque de France. Dorénavant, Bercy veut que les banques étudient sérieusement aussi ces dossiers. Concrètement, cela ne veut pas dire qu’elles leur accorderont un prêt automatiquement. D'autant que, de toutes façons dans la pratique, quelle que soit la qualité du dossier, la banque a toujours in fine le choix d’accepter ou de refuser de prêter de l'argent. Mais elles seront obligées de regarder tous les dossiers, et elles ne pourront plus rejeter d’emblée les mauvais dossiers mal notés.

Davantage de lignes de trésorerie débloquées

En attendant que les entreprises obtiennent leurs prêts, et toujours à la demande de Bercy, les banques vont débloquer très vite des lignes de trésorerie pour les besoins de financement immédiats.

Et dans le même temps, concernant le fonds de solidarité qui a été mis en place pour justement aider les PME qui n'ont pas accès au PGE, Bercy veut retravailler l’accès au niveau 2, pour que davantage d’entreprises en profite.

Concrètement, si le premier étage du fonds qui prévoit un versement de 1.500 euros est maintenu, le second étage qui est réservé aux entreprises les plus en difficulté "va être porté de 2.000 à 5.000 euros", a précisé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Olivier Chicheportiche avec Thomas Sasportas