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Pour Christine Lagarde, les Français ne sont pas "rétifs" aux réformes

Christine Lagarde, présidente du FMI

Christine Lagarde, présidente du FMI - ZACH GIBSON / AFP

La présidente du FMI a répondu aux propos d'Emmanuel Macron, pour qui "la France n'est pas un pays réformable".

Christine Lagarde n'est pas d'accord avec les derniers commentaires d'Emmanuel Macron et elle le fait savoir. Les Français "ne sont pas plus rétifs que les autres" aux réformes, a déclaré lundi la patronne du FMI, à la télévision suisse romande RTS. La semaine dernière, lors de sa tournée en Europe de l'Est, le président Macron avait affirmé que "la France n'est pas un pays réformable" et que "les Français détestent les réformes".

Tout en soulignant l'impact de la "génération Macron", un "président plus ouvert aux nouvelles technologies", la directrice générale du Fonds monétaire international a reconnu que "c'est toujours difficile de réformer parce que vous remettez en cause une situation, des droits acquis, des rentes et personne ne sait exactement quel sera le paysage de demain".

Mais "je pense qu'il ne faut pas sous-estimer la capacité des Français à se dépasser, à aller au-delà de ses réticences et de ses anxiétés", a poursuivi cette ancienne ministre de l'Économie sous la présidence de Nicolas Sarkozy. "Je pense que la réforme, comme partout et pas seulement en France, si elle est menée avec méthode et si elle débouche sur un paysage dans lequel les gens se retrouvent et comprennent quelle sera leur contribution, quels seront leurs droits, leurs revenus, etc, les Français ne sont pas plus rétifs que les autres", a-t-elle affirmé.

Optimiste pour la croissance européenne

À propos de la politique économique de la France, Christine Lagarde a rappelé que le FMI "soutient, encourage et espère la réalisation des engagements qui ont été pris et qui nous paraissent aller dans le sens d'une meilleure croissance pour la France et pour la zone euro". Elle a fait également l'éloge de la chancelière allemande Angela Merkel à qui l'Europe doit "sa stabilité" et son "attachement à l'Union".

Optimiste pour l'Europe, la patronne du FMI a en revanche souligné les "incertitudes" liées aux réformes promises par le président Donald Trump aux États-Unis et l'évolution de la classe moyenne américaine. "La classe moyenne américaine a subi une dégradation de son pouvoir d'achat", a-t-elle estimé.

P.L avec AFP