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Plan de relance de Sarkozy : mesures, espoirs et craintes

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L'économie française est malade. Quels remèdes proposera demain Nicolas Sarkozy dans son plan de relance ? Décryptage de ces mesures, de leurs objectifs et risques éventuels.

Nicolas Sarkozy présentera demain jeudi à Douai (Nord) son plan de relance de l'économie. Un plan pour lequel seront débloqués entre 20 et 23 milliards d'euros, le gouvernement comptant sur la collecte du Livret A, mais aussi, comme l'a évoqué le ministre du Budget, Eric Woerth, sur « les 10 milliards d'euros de trésorerie des organismes HLM ».

Le chef de l'Etat a dégagé deux priorités dans son plan de relance de l'économie : le logement et l'automobile. Mais il s'agira aussi de soutenir les PME. Voici les pistes envisagées pour ces 3 secteurs par Nicolas Sarkozy, et leurs objectifs :

LOGEMENT

Les mesures :

  • Renforcer les aides à la renovation des logements
  • Doubler le plafond permettant d'obtenir un prêt à taux zéro, qui permet de financer la construction ou l'acquisition d'un logement neuf ou ancien (dont les montants maximum respectifs sont aujourd'hui de 27 500 euros et 24 750 euros)
  • Baisser le taux des prêts accordés par la Caisse des dépôts aux HLM à 1,9%
  • Accorder une prime exceptionnelle de 300 euros à toutes les familles qui bénéficient aujourd'hui d'une allocation logement (5 millions de ménages)

Les objectifs pour le secteur :

  • Encourager les achats dans l'immobilier et la construction
  • Relancer la consommation des ménages

AUTOMOBILE

Les mesures :

  • Augmenter la "prime à la casse" de 300 à 1 000 euros, et élargir ses conditions d'accès : elle ne s'applique pour l'instant qu'aux véhicules de plus de 15 ans, et pourrait dorénavant ne plus avoir aucune limite d'âge
  • Augmenter le bonus écologique des véhicules "propres"
  • Créer un fonds d'investissement dédié à la filière automobile
  • Mettre en place un prêt à taux zéro pour les jeunes conducteurs

Les objectifs pour le secteur :

  • Encourager la mise au rebut des véhicules anciens et polluants
  • Lutter contre la pollution - les voitures neuves étant plus "propres" que les anciennes et la prime à la casse étant cumulable avec le bonus écologique
  • Accélérer le renouvellement du parc automobile
  • Aider les constructeurs à diminuer leurs stocks
  • Aider les sous-traitants du secteur

PME

  • Accorder des facilités pour payer les impôts ou les cotisations sociales
  • Raccourcir les délais de remboursement d'impôts ou de TVA dus aux entreprises.

L'objectif pour le secteur :

Soulager la trésorerie des entreprises en difficulté

Des mesures risquées...

Tout juste évoquées, ces mesures de relance de l'économie ont suscité nombres de craintes. Certains économistes ont notamment mis en garde contre un effet négatif des primes sur le commerce, soulignant un dopage probable des importations. Avec un pouvoir d'achat qui reste faible, les Français pourraient en effet se tourner vers des produits plus accessibles, et ces mesures profiteraient alors davantage aux industriels chinois qu'aux entreprises françaises.
On se souvient notamment de la « juppette », une prime accordée par Alain Juppé en 1995 à tous ceux qui renouvelaient leur véhicule de plus de 8 ans. Prime qui avait sérieusement mis à mal les magasins, désertés par les Français. Comme l'expliquait Eric Izraelewicz, le directeur de la rédaction de La Tribune ce matin sur RMC, à propos de la prime à la casse annoncée par Sarkozy : « Cette prime n'augmente pas la consommation, elle transforme sa structure. Les Français vont acheter une voiture, mais pas d'électroménager, ne prendront pas de vacances... »

Juliette VINCENT, avec Stéphanie COLLIE