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Nouveau plan de 158 milliards d'euros : la Grèce et l’euro sont-ils sauvés ?

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158 milliards d’euros, dont 49 apportés par les banques. Ce jeudi à Bruxelles, les dirigeants de la zone euro n’ont pas lésiné sur les annonces spectaculaires pour convaincre les marchés et les contribuables européens, que la Grèce et l’euro étaient sauvés. Mais certains économistes restent sceptiques… Et vous ?

Nicolas Sarkozy en tête, les dirigeants de la zone euro n’ont pas lésiné sur les annonces spectaculaires pour convaincre que cette fois la Grèce était sauvée et l’euro aussi. 158 milliards d’euros en plus, dont 109 milliards à la charge des contribuables et du FMI, et 49 milliards apportés par les banques, qui s’engagent ainsi pour la première fois, mais sur une base volontaire : les taux d’intérêts sur la dette grecque diminuent, les échéances s’allongent. Le Fonds européen de stabilité financière se transforme en un véritable fonds monétaire européen, qui peut racheter la dette des pays en difficulté sur les marchés financiers.

Mais techniquement, cela revient à admettre que la Grèce peut se trouver, pour quelques jours, en situation de défaut de paiement ; une première pour un pays de la zone euro.
Alors, au final, un coup de communication ou un tournant décisif pour la Grèce et pour l’euro ? La réponse appartient désormais aux marchés financiers… Les économistes, eux, sont partagés. Et vous, qu'en pensez-vous ? Etes-vous inquiet ou rassuré(e) ? Dites-le dans le sondage et le forum ci-dessous !

« C’est quasi historique ! »

Pour Anne-Laure Delatte, professeur d'économie à l'école de commerce de Rouen, cet accord est une réelle avancée : « C’est quasi historique. Je pense qu’on a réussi là à montrer aux marchés, d’une part une solidarité européenne – qui s’illustre par les montants engagés par le fonds de soutien pour la Grèce –, et d’autre part on a réussi à montrer au peuple européen que les créanciers privés allaient mettre la main à la poche – ce qui est fondamental pour faire passer la pilule auprès des contribuables européens ».

« A moyen terme, c’est insuffisant pour sauver la Grèce »

Nettement moins enthousiaste, Dominique Plihon, professeur d'économie à l'université Paris-Nord, président du centre scientifique d'Attac, souligne que ce plan n’est pas suffisant pour sauver la Grèce : « A court terme ça l’est, mais à moyen terme cela sera insuffisant. Les Grecs ont besoin d’une réduction considérable, bien plus importante que ce qui est envisagé aujourd’hui, du montant de leur dette. Certains ont envisagé une réduction de moitié, et ça serait probablement ce qu’il faudrait envisager à moyen terme ».

« Sans réforme significative, la zone euro implosera rapidement »

Idem pour la zone euro, estime Dominique Plihon : « Là on l’a sauvée à court terme, tant mieux. Mais maintenant il faut s’attaquer aux moyen et long termes. Telle qu’elle est, la zone euro ne peut pas fonctionner, n’est pas soutenable, à moyen et long termes. Donc, ou bien il n’y a pas de réforme significative et la zone euro finit par imploser – ce qui peut être assez rapide, dans les prochains mois ou années –, ou bien il y a des réformes. Il faut qu’il y ait une union politique, une politique budgétaire et fiscale. Toutes les unions monétaires ont fonctionné comme ça et on ne voit pas pourquoi l’Europe y dérogerait. Et bien sûr, il faut le courage de le dire ou de le faire ».

La Rédaction, avec T. Arnaud et S. Delpont