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Vacances des grands dirigeants politiques: qui paie la facture?

Ils séjournent dans des résidences officielles, dans un hôtel, à leurs frais, ou dans leur propre propriété... Les habitudes de vacances des grands dirigeants du monde diffèrent d'un pays à l'autre. Et leur coût aussi.

Le 25 juillet dernier, Emmanuel Macron a posé ses valises au fort de Brégançon, résidence d’été officielle des présidents en exercice depuis 1968. À l’instar du chef de l’État, les grands dirigeants du monde s’accordent quelques jours de repos chaque année, loin du tumulte inhérent à leur fonction. Tous ne sont pas pour autant logés à la même enseigne. Quand certains profitent d’une résidence mise à leur disposition par l’État, d’autres se paient des vacances à leurs frais. Sans compter les dirigeants très fortunés qui préfèrent loger dans leurs luxueuses propriétés.

Les résidences officielles

Dans la première catégorie, le Président français n'est pas seul. Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez dispose lui aussi de résidences officielles propriété de l'État. La plus prestigieuse est le Palais de Las Marismillas en Andalousie. Depuis des années, les dirigeants espagnols y passent leurs vacances et y invitent leurs homologues étrangers lors des voyages officiels. Le domaine situé en bord de mer est immense: plus de 11.000 hectares, soit la superficie de Paris.

Comme en France, les dépenses liées à cette résidence et les comportements du Premier ministre en vacances sont scrutés de près. L’an passé, Pedro Sanchez avait notamment déclenché une polémique après avoir utilisé l’avion officiel du gouvernement, un Falcon 900, pour plusieurs voyages privés, dont un justement au Palais de Las Marismillas en août et un pour se rendre à Noël dans une autre résidence officielle: la résidence royale de la Mareta située sur l’île de Tenerife. Dans l'Hexagone, c'est la piscine à 34.000 euros souhaitée par Emmanuel Macron à Brégançon qui avait fait grincer des dents l'année dernière. 

Les modestes vacances d’Angela Merkel

Angela Merkel ne jouit pas du même régime. De même qu'elle n'est pas logée à la Chancellerie, la cheffe du gouvernement se paie elle-même ses vacances. Fille de pasteur, la chancelière allemande fait dans la sobriété et la fidélité. Depuis des années, elle se rend, chaque été, dans le même hôtel situé dans une province germanophone d’Italie, le Tyrol du Sud. Le tout sans se ruiner puisque le même type de chambre avec balcon qu'elle occupe dans cet établissement coûte en août 94 euros par personne en demi-pension. Classé quatre étoiles, l’hôtel reste ouvert aux autres estivants lorsqu’il reçoit la chancelière. Le reste de l’année, Angela Merkel se contente de vacances tout aussi modestes. Pour Pâques, elle séjourne le plus souvent sur l’île d’Ischia, au large de Naples.

Notons que lorsque le couple part en vacances, le mari d'Angela Merkel, Joachim Sauer, a, selon les médias allemands, l'habitude d'emprunter un vol commercial plutôt que de monter dans l'avion officiel où il devrait payer sa place à un prix nettement plus élevé. 

Le coût extravagant des vacances de Trump

Enfin, la troisième catégorie se compose de dirigeants très fortunés qui profitent de leurs propriétés. C’était le cas de Silvio Berlusconi lorsqu’il était au pouvoir en Italie. Mais c’est aussi et surtout le cas de Donald Trump aujourd’hui. Le week-end dernier, le président américain était dans son club de golf de Bedminster (New Jersey) où il jouit d’une résidence très luxueuse. Il a également l’habitude de se rendre régulièrement à Mar A Lago, sa villa de Palm Beach qui comprend 126 pièces, deux piscines et cinq courts de tennis.

En résidant chez lui, Donald Trump fait-il faire des économies aux contribuables américains? Pas vraiment. Selon le Time, les quatre voyages de Donald Trump dans sa résidence en 2017 ont coûté environ 13,6 millions de dollars à la Maison Blanche, soit près d’un million de dollars par jour. Car il faut prendre en compte les coûts liés au déplacement du président -que ce soit en avion ou en bateau- durant le séjour ainsi que ceux relatifs à l’hébergement du personnel qui l’accompagne, notamment pour assurer sa protection.

Les bons amis 

Reste une dernière catégorie. Un peu à part. Il s'agit des dirigeants qui, après invitation, acceptent de passer leurs vacances chez des proches fortunés. Une pratique qui a souvent déclenché de vives polémiques. En 2016, le Premier ministre canadien Justin Trudeau s’était rendu sur une île des Bahamas appartenant à Karim Aga Khan IV, richissime homme d’affaires et chef spirituel des ismaéliens nizârites. Ces vacances font encore aujourd’hui au Canada l’objet d’une enquête pour suspicion de conflit d’intérêts.

Habitué du genre, l’ancien ministre britannique Tony Blair a défrayé la chronique à plusieurs reprises pour ses vacances luxueuses et notamment en 2006 lorsqu’il a passé quelques jours en compagnie de sa femme et ses enfants dans une villa d’un des membres des Bee Gees. Deux ans auparavant, il prenait du bon temps en Égypte aux frais de l’ancien dirigeant Hosni Moubarak. En France, peu après son élection en 2007, Nicolas Sarkozy s’était attiré les foudres de l’opposition après avoir effectué une croisière au large de Malte, à bord d’un yacht appartenant à l’homme d’affaires Vincent Bolloré.

Pierre Kupferman avec Paul Louis