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Deux pays africains démentent que Huawei les ait aidés à espionner leurs opposants

Le Wall Street Journal a affirmé cette semaine au terme d'un long travail d'investigation que des techniciens de Huawei avaient aidé les gouvernements à Kampala (Ouganda) et Lusaka (Zambie) à intercepter les communications et les conversations sur les médias sociaux de leurs opposants, ainsi qu'à pister leurs déplacements.

Le Wall Street Journal a affirmé cette semaine au terme d'un long travail d'investigation que des techniciens de Huawei avaient aidé les gouvernements à Kampala (Ouganda) et Lusaka (Zambie) à intercepter les communications et les conversations sur les médias sociaux de leurs opposants, ainsi qu'à pister leurs déplacements. - Nicolas Asfouri-AFP

Les gouvernements d'Ouganda et de Zambie ont démenti ce vendredi des informations du Wall Street Journal, selon lesquelles des employés de Huawei auraient aidé leurs services de renseignements à espionner leurs opposants. Huawei a démenti aussi alors que les autorités américaines l'accusent d'espionnage au service de Pékin.

Des techniciens de l'industriel des télécoms chinois Huawei ont-il aidé des gouvernements africains à espionner par des moyens électroniques leurs opposants? Le quotidien américain Wall Street Journal (WSJ) affirmait que les techniciens du géant chinois ont vanté auprès aux autorités ougandaises l'excellence d'un système de surveillance "intelligent" installé en Algérie, et qu'une équipe de hauts responsables des services de sécurité ougandais s'est rendue sur place pour étudier ce système comprenant des outils de surveillance de masse et de cybersurveillance.

Selon le WSJ, des techniciens de Huawei ont aidé les autorités ougandaises à utiliser des logiciels espion pour intercepter les communications de la pop-star, devenu opposant, Bobi Wine sur des applications de messagerie cryptées comme Skype (Microsoft) ou WhatsApp (Facebook).

De son côté, Huawei "rejette complètement les allégations infondées et inexactes du quotidien américain Wall Street Journal contre ses activités commerciales en Algérie, en Ouganda et en Zambie", dans un communiqué de la compagnie reçu à Alger.

"Il est totalement faux de prétendre que Huawei a aidé des gouvernements africains parmi lesquels l'Ouganda à espionner leurs opposants politiques", a déclaré le porte-parole de la présidence ougandaise Don Wanyama. "Pourquoi espionner Bobi Wine?" a-t-il questionné.

La porte-parole du gouvernement zambien a qualifié sur Twitter de "malveillant" l'article du WSJ qui affirme que Huawei a aidé à espionner un site critiquant le président Edgar Lungu. "Nous le démentons avec le mépris qu'il mérite", a indiqué Dora Siliya.

Dans son article, le Wall Street Journal précise qu'au terme de son enquête, il "n'a pas trouvé de preuve d'espionnage par ou pour le compte de Pékin en Afrique". Mais il décrit comment un employé de l'ambassade de Chine à Kampala a accompagné des responsables ougandais en Chine où ils ont visité le siège de Huawei et reçu "des précisions sur les systèmes de surveillance que le géant a déployés dans le monde".

Frédéric Bergé avec AFP