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Marine Le Pen: "Il faut franciser la dette"

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Marine Le Pen était l'invitée de BFMTV-RMC ce jeudi. La candidate du Front national à l'élection présidentielle estime que le meilleur moyen pour que la France ne soit pas soumise au marché est "de franciser la dette".

"L'euro n'est pas viable, il s'écroulera". Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle, était l'invitée de BFMTV-RMC ce jeudi. Elle estime que l'euro "n'a pas apporté le pouvoir d'achat ou la croissance". Elle prône donc, via un référendum, la sortie de l'Union européenne. Et selon elle, la mise en place du nouveau franc n'engendra pas une hausse des taux d'intérêts. "Pourquoi ils augmenter[aient]? Les taux d'intérêts sont bas dans le monde entier. Ce n'est pas l'euro qui fait baisser les taux d'intérêts". Marine Le Pen estime donc que le meilleur moyen pour que la France ne soit pas soumise au marché est "de franciser la dette". La candidate précise qu'"avoir sa monnaie, ce n'est pas être seul. 95% des pays ont leur propre monnaie. C'est un élément essentiel de la souveraineté".

Et elle annonce: "Je veux créer une contribution sociale à l'importation de 3% pour redistribuer aux salariés et retraités qui gagnent moins de 1500 euros, 180 euros de pouvoir d'achat supplémentaire."

"Avec moi, l'épargne des Français ne risquera rien"

Par ailleurs, la candidate pense que "le danger c'est la loi Sapin II". "S'il y a une faillite de banque, la loi oblige à aller pomper dans les comptes des déposants avant d'autoriser l'État à aller soutenir la banque". Marine Le Pen, elle, veut que l'État puisse aider. "Avec moi, l'épargne des Français ne risquera rien".

Marine Le Pen prône une taxe, payée par les entreprises, sur les contrats de travail des étrangers salariés "de 10% par mois". Elle précise: "Ça va coûter cher à l'entreprise, c'est le but". Car pour la candidate, "il faut que l'étranger ait un talent particulier. Si c'est pour utiliser les étrangers comme de la main d'œuvre à bas coûts, c'est méprisant pour eux et c'est scandaleux à l'égard des Français au chômage. C'est une manière de mettre en œuvre la priorité nationale".

Hausse du minimum vieillesse

Marine Le Pen est aussi revenue sur la hausse du minimum vieillesse et de l’allocation adulte handicapé de 20% (de 802 à 1.000 euros) qu’elle promet de mettre "en place immédiatement". "L’État est là pour protéger les plus faibles", a-t-elle insisté. "C'est un coût, je l'assume".

Plutôt qu'une hausse du Smic, Marine Le Pen préfère une prime. "Les entreprises sont dans de grosses difficultés, notamment les TPE-PME. L'idée est de faire financer cette prime du pouvoir d'achat par cette contribution sociale à l'importation de 3% qui sera redistribuée aux salariés et retraités qui gagnent moins de 1.500 euros. C'est 180 euros de pouvoir d'achat supplémentaire. C'est 15 milliards que je dégage".

"Moi, j'ai des mesures d'économies pour 96 milliards. Je les ai décrites dans mon projet. Tout cela est extrêmement sérieux et sera mis en oeuvre mais il faut faire des choix".

La candidate souhaite aussi faire baisser le prix des médicaments. "L'offre de médicaments doit être accessible au plus grand nombre. On n'est pas là pour engraisser les laboratoires. Il faut faire baisser les mutuelles et lutter contre les frais de gestion qui représentent 25% des dépenses des mutuelles".

Enfin, Marine Le Pen veut préserver le nucléaire. "Il faut que l'État s'engage sur le grand carénage. C'est une indépendance énergétique pour la France et une énergie qui ne pollue pas l'air".

D. L.