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Les finances du FN en plein boom

Marine Le Pen se félicite de l'augmentation des adhésions au Front national, durant la crise à l'UMP.

Marine Le Pen se félicite de l'augmentation des adhésions au Front national, durant la crise à l'UMP. - -

Alors que les finances de l'UMP sont au plus mal, celles du Front national se portent comme un charme, grâce aux subventions publiques, mais aussi un nombre d'adhésions en constante augmentation.

Les démêlés de l’UMP, en grande difficulté sur le plan politique mais aussi économique, font les affaires du Front national. Les Français l’ont bien compris, et les dirigeants du parti aussi. Ces derniers jours, ils ont ainsi lancé une véritable campagne de communication à propos de l'"explosion" des adhésions au parti frontiste.

Florian Philippot, le vice-président du FN, ou Marine Le Pen, glissent sous des faux airs modestes que le nombre d'adhésions habituelles a "depuis trois jours doublé ou triplé". Marion Le Pen, elle, s’emballe et parle d’adhésions "multipliées par quatre depuis jeudi dernier" (22 novembre) pour atteindre "600 par jour". Des chiffres difficilement vérifiables, même si la tendance semble être clairement à la hausse.

Les subventions publiques ont triplé en cinq ans

Pour un véritable boum, c’est plutôt vers les finances du parti qu’il faut chercher. Le bon score réalisé aux élections législatives a eu pour effet de tripler les subventions publiques -elles sont passées de deux millions d’euros en 2007 à six millions en 2012.

Surtout, le parti n’est pas endetté, affirme Wallerand de Saint Just, son trésorier. A la grande différence de l’UMP, par exemple, qui a déboursé 35 millions d’euros pour acheter son siège rue de Vaugirard à Paris, et que le parti rembourse à hauteur de 300 000 euros par mois.

Bientôt un siège à Paris?

Cette bonne santé financière tranche radicalement avec une époque pas si lointaine, durant laquelle le FN a dû céder son siège de Saint-Cloud, dans les Hauts de Seine, pour louer un nouveau local à Nanterre. "Heureusement que Le Pen avait acheté le 'paquebot'", reconnaît d’ailleurs Wallerand de Saint Just. C’est effectivement ce qui a permis de remettre le parti à flots.

Aujourd’hui, le Front national, même s’il se défend de chercher un nouveau siège à Paris, "regarde" les bonnes affaires éventuelles.

Les nouveaux venus, qui viennent gonfler des effectifs déjà forts de 60 000 adhérents, rapportent 40 euros chacun, en moyenne. Financièrement, le FN est d’ores et déjà paré pour les prochaines échéances électorales. A commencer par les municipales, dans à peine plus d’un an.

Yann Duvert