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Les entreprises américaines de moins en moins attirées par la France

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Le signal que donnent les investisseurs étrangers vis-à-vis de la France paraît contradictoire : un think tank américain vient de dire que la France est de moins en moins intéressante en tant que terre d’investissements tandis que la Chine se propose d’investir dans Peugeot.

Les Américains réorientent leur présence. Les entreprises industrielles se replient et dans de nombreuses régions les filiales de grands groupes américains ferment. Que l’on se souvienne de l’algarade entre Arnaud Montebourg et Maurice Taylor le PDG américain de l’entreprise de pneus Titan au sujet d’Amiens.

Maurice Taylor reflétait d’ailleurs assez bien l’opinion de beaucoup de dirigeants américains sur l’esprit protectionniste en France-il traitait Montebourg de petit douanier- et sur les « barjots du syndicat communiste ». 

Simultanément, les entreprises de service viennent assez volontiers en France et plus particulièrement en région parisienne. En 2012, 156 entreprises américaines se sont installées en France mais le tiers en région parisienne. Quand Google ou Microsoft choisissent de faire de Paris leur implantation privilégiée en Europe continentale, elles viennent chercher des ingénieurs bien formés et un art de vivre très parisien.

Il y a encore 440 000 personnes en France qui travaillent dans des entreprises américaines bien que ce chiffre tende à reculer.

Nous ne sommes plus attractifs

De moins en moins. Entre le déluge fiscal, un service public qui se détériore et le dénigrement systématique de l’entreprise, les investisseurs étrangers commencent à avoir du mal. Restent les investisseurs politiques comme le Qatar ou la Chine. On parle souvent de fonds souverains. C'est-à-dire de fonds de placement propriété d’Etat étrangers.

Souvent on se félicite de leur apport de capitaux mais ce sont des fonds entre les mains d’Etats qui ne sont pas démocratiques. Et confier le développement économique du pays à des acteurs aux mobiles politiques souvent obscurs est quelque part dangereux. Les investisseurs anciens qui, comme Microsoft, nous apportaient un savoir technique laissent la place à des investisseurs politisés dont l’intention plus ou moins avouée est de récupérer nos technologies.

Que faut-il faire ?

Rendre notre territoire attractif à nous-mêmes. Il est quand même incroyable de constater qu’il est impossible de trouver en France des investisseurs prêts à venir au secours de Peugeot. On nous raconte que nous sommes très épargnants mais notre épargne sert à financer le déficit budgétaire et ne sert pas à financer les investissements de Peugeot. En ce sens la création de fonds de pension préparant notre retraite et finançant notre industrie serait une avancée considérable.

Jean-Marc Daniel