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Les 50 ans de l’élection de Georges Pompidou

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Durant son mandat, le taux de chômage est passé de 2,2% à 3,4% et celui d’inflation de 6,5% à 13,7%.

Le 15 juin 1969, Georges Pompidou, qui va avoir 58 ans (il est né le 5 juillet 1911), est élu président de la République avec 58% des suffrages. Six mois auparavant, personne n’avait anticipé ni cette élection ni le nom de l’adversaire de second tour de Pompidou. Il s’agit d’Alain Poher, le président de la République sortant, mais un président de hasard. En effet, alors qu’il a été élu président du Sénat à l’automne 1968, c’est la démission du général de Gaulle en avril 1969 qui l’a propulsé à l’Elysée.

A l’heure actuelle, rares sont ceux qui critiquent le bilan global du mandat de Pompidou, un mandat qui ne fut pas le septennat prévu mais un quinquennat du fait de son décès en 1974. Une nostalgie bienveillante s’est installée à son sujet, que partage ostensiblement Emmanuel Macron. Pour ma part, de ses 5 ans de présidence, je retiendrai un élément positif et un élément négatif, sans ayant évidemment la prétention d’être exhaustif.

L’élément positif tient au destin et à la personnalité propre de Pompidou. Fils d'enseignants, petit-fils de paysans, il doit son ascension sociale à son mérite. Son héritage familial ne lui a pas offert de voie royale vers les sommets. Cela ne l’a pas empêché de les atteindre.

Aujourd’hui où tout le monde parle avec emphase, et souvent vaine grandiloquence, des « valeurs de la République », il est utile de rappeler que, pour lui, ces valeurs se résumaient en quatre mots : « droiture ; travail ; respect du mérite ; respect des vertus de l'esprit ». Ceux qui prétendent vouloir s’inspirer de Pompidou devraient éviter de menacer les écoles de la République d’une disparition rapide, que ce soit l’Ena, Normale Sup ou l’Ecole Polytechnique, et faire en sorte que la jeunesse du pays se réapproprie ses quatre mots/expressions…

L’élément négatif est son interprétation un peu simpliste de l’arbitrage entre l’inflation et le chômage, que les économistes appellent l’arbitrage de Phillips. Si tout le monde admet qu’une hausse du chômage peut arrêter une dérive des prix, en revanche, il est illusoire de croire que l’acceptation d’une certaine dose d’inflation permet de revenir au plein emploi. « Mieux vaut l’inflation que le chômage » répétait Pompidou.

Mais durant son mandat, le taux de chômage est passé de 2,2% à 3,4% et celui d’inflation de 6,5% à 13,7%. Même si cela s’explique en partie par la fin des changes fixes et le premier choc pétrolier survenus en 1973, s’il avait vécu, Pompidou aurait appris à ses dépens que son assertion était caduque. Ce qui, de nos jours, est désolant, c’est que certains réclament avec insistance à la banque centrale plus d’inflation, n’ayant manifestement pas compris que ce serait non seulement inutile mais qui plus est, néfaste !