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Le nouveau gouvernement d'Angela Merkel est-il plus social?

Sigmar Gabriel, Angela Merkel, et Horst Seehofer lors de la signature du contrat de la grande coalition, lundi 16 décembre.

Sigmar Gabriel, Angela Merkel, et Horst Seehofer lors de la signature du contrat de la grande coalition, lundi 16 décembre. - -

Angela Merkel a été officiellement réélue ce mardi 17 décembre par le Bundestag. Le nouveau gouvernement allemand tiendra son premier conseil des ministres dans la journée. Si Wolfgang Schäuble est maintenu aux Finances, l'opposition hérite des ministères de l'Economie et du Travail.

Presque trois mois jour pour jour après sa victoire, Angela Merkel a été sacrée chancelière pour la troisième fois, ce mardi 17 décembre. Les députés allemands l'ont reconduite à la tête du gouvernement, à 462 voix pour sur 621 votants.

Angela Merkel se rendra ensuite mercredi à Paris pour un dîner de travail avec François Hollande, en préparation du conseil européen de la fin de semaine. Le nouveau ministre des Affaires Etrangères, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, l’accompagnera.

L’opposition a hérité de six postes de ministres au sein du nouveau gouvernement, dont ceux de l’Economie et du Travail, ce qui pourrait amener un virage plus social à la politique de la chancelière. Angela Merkel a toutefois réussi à maintenir Wolfgang Schäuble aux Finances, pour tenir les cordons du budget. Portrait des ministres-clés pour l'économie allemande.

> Wolfgang Schäuble, l'éternel

European University Institute - Flickr - CC

Le ministre des Finances conserve son poste pour un deuxième mandat. L’ancien protégé d’Helmut Kohl avait de toute façon prévenu qu’il ne serait disponible pour aucun autre ministère. Après quatre ans à résoudre la crise de la zone euro, le francophile est considéré comme un expert tant en Allemagne qu’à l’international.

Wolfgang Schäuble peut déjà se féliciter d’un bilan positif pour son premier mandat. Alors qu’à son arrivée le budget allemand était en déficit de quelque 40 milliards d’euros, le pays devrait atteindre l’excédent budgétaire en 2015.

Désormais trois grands dossiers attendent le ministre: la régulation bancaire, la fiscalité et la stabilité de la zone euro. A 71 ans, le vétéran de la politique a déjà prévenu que ce serait là ses derniers faits d’armes.

> Sigmar Gabriel, l'opposant

blue-news - Flickr - CC

Le président du SPD a habilement fait oublier l’échec électoral de Peer Steinbrück lors des élections de septembre. En menant depuis trois mois les négociations avec la CDU, Sigmar Gabriel s’est gardé une place de choix, celle de ministre de l’Economie et de l’Energie et de vice-chancelier.

Le leader de l’opposition récupère ainsi l’épineux dossier de la transition énergétique. Alors que l’opinion publique allemande grogne face au coût des énergies renouvelables, Sigmar Gabriel va devoir concilier sortie du nucléaire et compétitivité économique. Un défi taillé sur mesure pour l’ancien ministre de l’Environnement de la première grande coalition Merkel, de 2005 à 2009.

> Andrea Nahles, la battante de gauche

boellstiftung - Flickr - CC

Andrea Nahles, l’étoile montante du SPD hérite du ministère du Travail et des Affaires sociales. Celle qui se définit bien volontiers comme "femme, croyante, de gauche" devra faire face à des dossiers de taille: l’introduction d’un salaire minimum et la réforme des retraites.

Ces mesures en faveur d’un Etat plus social risquent de lui attirer les foudres de l’industrie allemande, qui s’opposent à des dépenses pharaoniques. Qu’importe, l’ancienne leader des jeunes socialistes allemandes et membre du tout-puissant syndicat IG Metall est prête à se battre. Reste à savoir si la grande coalition va lui en laisser les moyens.

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