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Allemagne: quel bilan économique pour Angela Merkel?

La bonne santé de l'économie allemande appartient peut-être moins au bilan d'Angela Merkel qu'à celui de son prédécesseur, Gerhard Schröder.

La bonne santé de l'économie allemande appartient peut-être moins au bilan d'Angela Merkel qu'à celui de son prédécesseur, Gerhard Schröder. - -

La chancelière allemande a toute les chances d'être reconduite pour un troisième mandat à l'issue des élections législatives dimanche 22 septembre, en dépit d'un bilan économique contrasté.

L'Allemagne vote dimanche pour élire ses députés. Le parti d'Angela Merkel semble suffisamment bien parti pour faire rempiler cette dernière pour un 3ème mandat, même si sa coalition actuelle semble menacée. L'occasion de se pencher sur le bilan économique de la chancelière.

A priori, il est plutôt flatteur. Avec une croissance attendue de 0,7% cette année, le pays s'en sort mieux que certains de voisins en récession. "Ce gouvernement est celui qui a le mieux réussi depuis la réunification", se vante même Angela Merkel.

Le taux de chômage, qui flirte avec les 6%, est l'un des plus bas de toute l'Union européenne. Ses comptes sont dans le vert et ses carnets de commandes sont pleins dans le secteur stratégique des machines-outils.

Mais pour certains analystes, cette bonne santé économique est avant tout le fruit des réformes douloureuses mises en œuvre par son prédécesseur Gerhard Schröder. Réformes qui, si elles ont fait baisser le chômage, sont aussi à l'origine de l'explosion des bas salaires et de la précarité.

29 milliards de cadeaux fiscaux

La question de la transition énergétique est également très controversée. La sortie programmée du nucléaire a fait bondir le prix de l'électricité et augmenter les émissions de CO2 en raison du recours accru aux centrales à charbon.

Des réformes importantes n'ont pas eu lieu comme la simplification de l'usine à gaz que constitue le système fiscal allemand, ou encore la prise en charge de la dépendance et des retraites. Pourtant, Angela Merkel elle-même juge que le vieillissement de la population est le plus grand défi de l'Allemagne de ces prochaines années.

Actuellement en campagne, celle que les Allemands surnomment Mutti (maman) a justement promis une augmentation du complément retraites pour les personnes âgées. Une idée piquée dans le programme de l'opposition sociale-démocrate, tout comme l'instauration d'un salaire minimum, le plafonnement des loyers, l'augmentation des allocations pour les jeunes enfants et des dépenses pour les infrastructures. En tout, elle s'est engagée sur 29 milliards d'euros fiscaux.

Delphine Liou