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Le discours de Mario Draghi fait plier les marchés

La Bourse de Paris a perdu plus de 2,6% après les propos de Mario Draghi.

La Bourse de Paris a perdu plus de 2,6% après les propos de Mario Draghi. - -

Le président de la Banque centrale européenne a annoncé, ce 2 août, que la BCE n’interviendrait pas tout de suite sur le marché de la dette souveraine. Suite à quoi les Bourses européennes ont plongé dans le rouge.

Il y a une semaine jour pour jour, Mario Draghi dopait les marchés en déclarant que "la Banque centrale européenne est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour sauver l’euro". A l’occasion de la conférence de presse mensuelle de la BCE, ce jeudi 2 août, les investisseurs s’attendaient donc à des annonces fortes, comme celle d’un redémarrage du programme de rachats de dettes souveraines. Le président de la BCE a douché leurs espoirs.

Mario Draghi a bien affirmé que la BCE était prête à se porter au secours de la zone euro, y compris en intervenant sur le marché obligataire, mais elle n’a dit ni comment, ni quand. Son président a simplement indiqué que les modalités des mesures que prendrait l’institution de Francfort seraient dévoilées "dans les prochaines semaines".

L'intervention de la BCE se fera sous condition

En outre, Mario Draghi a posé comme préalable à toute action de la BCE que les pays de la zone euro sollicitent d’abord l’aide du Fonds européen de stabilité financière. Une adresse explicite à Rome et à Madrid qui n’ont pas encore fait appel au FESF. Le président de la BCE a ainsi renvoyé la balle dans le camp des Etats italiens et espagnols. Et ce, alors que Madrid martèle qu’elle n’a pas besoin d’une aide globale.

Aussitôt les Bourses européennes, pourtant bien orientées, ont plongé dans le rouge. A la clotûre, le CAC 40 perdait 2,68% et la Bourse de Francfort 2,48%. L’Italie et L’Espagne, toutes deux dans le collimateur des marchés, ont connu les chutes les plus sensibles. Milan cédait 4,64% et Madrid 5%.

Sur le marché obligataire, les taux à 10 ans de l’Italie sont repassés au-dessus des 6%, à 6,28% exactement, et ceux de Madrid ont à nouveau franchi la barre des 7%. Un "niveau insoutenable" à long terme pour les économistes.

Pour autant, sur BFM Business, certains analystes semblaient comprendre cette décision de la BCE et même y voir un message rassurant.

Gilles Moëc, économiste de la Deutsche Bank, s’est par exemple dit "sidéré" par la réaction des marchés. Pour lui, "il était évident que Mario Draghi n’allait pas relancer toute de suite le programme de rachats d’obligations sans accompagnement". L’économiste estime ainsi que la BCE ne rachètera de la dette que si le FESF, dont les fonds proviennent des Etats membres, intervient également sur le marché obligataire.

Aymeric Diday, gérant chez Pictet & Cie, a même retenu des éléments positifs dans le discours du président de la BCE. "Mario Draghi a dit clairement que l’euro est irréversible et que la BCE fera tout pour sauver la zone euro in fine. Ces sont des motifs d’espoir". Le gérant pense ainsi que les marchés ne subiront pas de très grosses corrections pendant le mois d’août.

Julien Marion