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La Grèce pourrait demander une extension du prêt européen

Les négociations entre la Grèce et la zone euro ont tourné court lundi.

Les négociations entre la Grèce et la zone euro ont tourné court lundi. - Aris Messinis - AFP

Si elle refuse le programme de redressement, la Grèce veut en revanche "l'extension" du financement européen.

La Grèce envisage de demander "l'extension du prêt" européen mais pas du programme de redressement. En effet, le gouvernement veut "une l'extension" du financement européen, qu'elle "distingue clairement du mémorandum", programme d'aide à la Grèce imposé au pays depuis 2010, comprenant des mesures d'austérité très dures, a indiqué mardi 17 février une source gouvernementale grecque.

De son coté, le gouverneur de la Banque de France a jugé un rééchelonnement de la dette grecque possible.

"Je crois que la solution sera probablement, mais on a du temps pour ça, de jouer --ce qui a déjà été fait une fois-- sur l'étalement (de la dette). Cela joue jusqu'aux années 2030 mais on peut renvoyer plus loin et on peut jouer sur le taux d'intérêts", a déclaré Christian Noyer lors d'une audition devant la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Ultimatum jusqu'à vendredi

Selon Christian Noyer, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, "on peut imaginer faire indirectement de la réduction de valeur de dette à travers ces paramètres-là".

De son coté, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble a jugé que le gouvernement grec d'Alexis Tsipras n'avait jusqu'ici pas fourni "le moindre début de réponse" sur comment il comptait sortir la Grèce de ses problèmes et que cela n'allait donc "absolument pas".

Si la voie des réformes suivie par la Grèce depuis 2010 "n'est pas poursuivie, alors le gouvernement grec doit dire comment il veut résoudre les problèmes de la Grèce. Nous n'avons pas eu jusqu'ici le moindre début de réponse", a souligné le ministre conservateur dans un entretien à la chaîne publique ARD. "Se contenter de dire, 'nous avons maintenant besoin de plus d'argent et nous ne faisons plus rien du tout en insultant les autres, cela ne va pas du tout", a-t-il ajouté.

Il a précisé ne pas être au courant qu'Athènes "envisage de demander l'extension" du financement européen, comme l'a annoncé une source gouvernementale grecque.

La Grèce et la zone euro sont actuellement engagées dans un bras de fer concernant la suite du programme d'aide dont bénéficie le pays, Athènes refusant de céder à ce qu'il qualifie de "chantage psychologique" de ses créanciers, qui lui ont fixé un ultimatum jusqu'à vendredi.

Lundi soir, les négociations avaient tourné court lors d'une réunion dont l'enjeu était de trouver comment la Grèce allait se financer à court terme, alors que son programme d'aide prend fin le 28 février.

D. L. avec AFP