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L'État renonce à la co-gestion du quartier d'affaires de la Défense

Le gouvernement va confier la gouvernance de la Défense, à l'ouest de Paris, aux collectivités locales concernées. Au 1er janvier 2017, elles devront financer seules la coûteuse rénovation du quartier d'affaires, créé en 1958.

Les collectivités locales concernées vont bientôt gérer toutes seules le quartier de la Défense. Présenté en conseil des ministres ce mercredi 3 août, le projet de loi relatif au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain va fusionner les deux organismes en charge des aménagements du quartier d'affaires situé dans l'ouest parisien.

Cette unification sera effective au 1er janvier 2017, mettant fin à un pilotage en double commande source de bisbilles continuelles. L'État, d'un côté, les collectivités, de l'autre, se renvoyaient régulièrement la balle quand il s'agissait de financer l'entretien des infrastructures de la zone (ses multiples tunnels notamment).

Depuis 1958, année de la création de cette zone d'affaires, l'État s'était aussi arrogé les prérogatives d'aménagement et d'urbanisme pour bâtir les gigantesques tours de bureaux, sous la houlette de la établissement public de la Défense (EPAD, devenu EPADESA), en encaissant au passage les recettes des droits à construire des bâtiments de bureau. 

La rénovation du quartier coûtera près de 300 millions

En confiant la gouvernance aux collectivités, dépossédées jusqu'à présent de leur pouvoir d'urbanisation, le gouvernement leur remet aussi la responsabilité de financer la rénovation de la zone. La Défense s'étend sur les territoires de trois grandes villes de l'ouest parisien (Puteaux, Courbevoie, Nanterre). Ce ne sera pas une mince affaire pour les collectivités concernées (département des Hauts-de-Seine, communes et région) car il leur va falloir investir.

Même si la zone de la Défense reste le premier quartier d'affaires européen avec 500 entreprises, elle nécessite de gros travaux pour tenir son rang face à Londres ou à Singapour. La Cour des Compte estime la rénovation à près de 300 millions d'euros.

Ce n'est pas un problème, a affirmé publiquement Patrick Devedjian, président UMP du conseil départemental des Hauts de Seine. Ce dernier est même prêt à endetter les collectivités impliquées dans ce dossier afin que 50 millions d'euros soient injectés tous les ans dans ce vaste chantier. Un investissement qui peut s'avérer rentable car avec ce changement de gouvernances, les collectivités vont aussi récupérer les revenus confortables qui viennent de la vente des juteux droits à construire pour tous les nouveaux bâtiments.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco