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Heure de vérité pour l'écotaxe ce mardi

Elus bretons et ministres discuteront, mardi 29 octobre, de l'écotaxe

Elus bretons et ministres discuteront, mardi 29 octobre, de l'écotaxe - -

Jean-Marc Ayrault réunit, ce mardi matin 29 octobre, les élus bretons et les ministres concernés par l'écotaxe. A l'issue, le Premier ministre devrait annoncer des aménagements à l'application de la taxe.

La situation va mettre du temps à se régler. Jean-Marc Ayrault a demandé aux ministres concernés de lui faire, lundi 28 octobre, des "propositions" et d’étudier des "aménagements" à l'écotaxe. Une réunion aura lieu ce mardi 29 octobre entre les élus bretons et les ministres concernés. Réunion qui sera boycottée par les élus UMP.

"Je réunirai demain mardi 29 octobre à 10 heures à Matignon les élus bretons", en présence des ministres de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, des Transports, Frédéric Cuvillier, et de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, et du préfet de région, précisait lundi soir Jean-Marc Ayrault dans un communiqué.

La grogne des transporteurs et des agriculteurs bretons n'a, en effet, pas faibli ce weekend contre l’écotaxe poids lourds. Des heurts très violents ont eu lieu en Bretagne entre opposants et forces de l’ordre. Les professionnels bretons s'estiment particulièrement touchés par cette nouvelle taxe, qui va s'appliquer au 1er janvier à tous les camions de plus de 3,5 tonnes, et dont le montant variera en fonction des kilomètres parcourus, du réseau emprunté, de la puissance et l'âge du véhicule.

Créer des exonérations

Le gouvernement a repoussé tout nouveau report de son application, voire sa suppression pure et simple. 

Le gouvernement "ne peut pas revenir un arrière" sur l'écotaxe car défaire le contrat avec la société chargée de sa collecte coûterait 800 millions d'euros, a expliqué le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, lundi 28 octobre, sur iTélé.

De son côté, la FNSEA réclame un report de deux ans. L'opposition et le Modem critiquent également cette taxe.

Le gouvernement pourrait donc exonérer de nouvelles catégories de professionnels comme le sont déjà les transports de lait ou les engins agricoles.Jean-Marc Ayrault a déjà annoncé qu'une réduction de 50% du montant de cette écotaxe serait accordé et que la route nationale 164, qui est l'axe vital de la région pour le secteur agroalimentaire, serait exclu de cette taxe. A l’étude également, la possibilité de faire payer la grande distribution, mais à condition que cela ne se traduise pas par une hausse des prix dans les magasins.

Mais l’exécutif risque alors de voir l’écotaxe déclarée inconstitutionnelle comme l’a été la taxe carbone du gouvernement Fillon qui prévoyait trop d’exonérations. L’écotaxe doit rapporter un milliard d’euros par an et servir à financer des infrastructures de transports.

Diane Lacaze et BFMBusiness.com (texte) et Valérie Béranger (reportage vidéo)