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Gattaz se désole que la dépense publique ne "baisse pas assez vite"

Pierre Gattaz, le président du Medef. (image d'illustration)

Pierre Gattaz, le président du Medef. (image d'illustration) - Ludovic Marin - AFP

Le président du Medef estime dans une interview que les efforts du gouvernement pour réduire les dépenses publiques ne sont pas assez intenses.

"Je pense qu'on ne va pas assez vite sur la baisse de la dépense publique", a déclaré Pierre Gattaz, le président du Medef, lors d'une interview accordée au site Boursorama. 

Dans son programme de stabilité à l'adresse de la Commission européenne, présenté mercredi en conseil des ministres, le gouvernement a relevé ses prévisions de croissance, à 2% pour 2018 et 1,9% pour 2019, puis à 1,7% sur les trois années suivantes.

Concernant le taux de dépense publique, l'exécutif prévoit des niveaux un peu plus élevés que ce qui avait été annoncé dans le dernier projet de loi de finances: il devrait atteindre 54,4% du PIB en 2018 (contre 53,9% prévus auparavant), et baisser jusqu'à 51,1% en 2022 (contre 50,9%).

"Il y a une baisse des dépenses publiques, mais très légère", a commenté Pierre Gattaz, appelant à réduire ce taux pour qu'il s'établisse "au niveau de la moyenne européenne qui est à 49%" du PIB.

"Soit vous baissez le numérateur, soit vous augmentez le dénominateur"

"Pour baisser ce pourcentage, soit vous baissez la dépense, le numérateur, soit vous augmentez le dénominateur, c'est très facile", a expliqué le numéro un du Medef. "Or aujourd'hui, comme le dénominateur, le PIB, augmente, vous avez un phénomène de pourcentage, mathématique, qui descend sans qu'on touche les dépenses", a-t-il poursuivi.

Dans une interview au Figaro, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a affirmé que la dépense publique des ministères du logement et du travail avait d'ores et déjà baissé "significativement", et déclaré avoir "engagé une dynamique vertueuse de contractualisation pour accompagner les collectivités locales dans la maîtrise de leurs dépenses". 

"Cette année, nous proposerons au Premier ministre de nous concentrer sur quelques réformes nouvelles", après avoir reçu les propositions du comité d'experts Action publique 2022, a-t-il ajouté, soulignant qu'il faudrait aussi "baisser durablement les effectifs de la fonction publique".

A.M. avec AFP