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Un élevage de poulets incendié: les agriculteurs accusent des militants "anti-élevage"

Cet incendie a provoqué la colère du syndicat agricole les Jeunes agriculteurs (JA) de l'Orne, car il s'agirait d'un acte volontaire. (image d'illustration)

Cet incendie a provoqué la colère du syndicat agricole les Jeunes agriculteurs (JA) de l'Orne, car il s'agirait d'un acte volontaire. (image d'illustration) - Remy Gabalda - AFP

Plus de 2000m2 de bâtiments ont été détruits par les flammes dans la nuit du 16 au 17 septembre dans l'Orne. Les inscriptions "assassins" et "camp de la mort" ont été découvertes sur les murs. Un rassemblement de soutien a eu lieu dans la journée, en présence de la préfète de l'Orne et de plusieurs parlementaires.

Trois bâtiments agricoles destinés à l’élevage de volaille ont été détruits par un incendie à Charencey, au lieu-dit la Vallée, dans la commune de Normandel (Orne) la nuit dernière. L'alerte a été donnée un peu après 2h30, ce mardi 17 septembre, relate Ouest-France, et une trentaine de sapeurs pompiers ont été mobilisés. Les poulaillers étaient vides, dans l’attente de poussins.

"J'ai été réveillé par les aboiements de mon chien (...) j'ai aperçu tout en feu. J'ai appelé les pompiers aussitôt mais y avait plus rien à faire", a raconté l'éleveur Emmanuel Prévost à l'AFP, se disant "anéanti" d'avoir "tout perdu en une nuit". Le préjudice de l’incendie est pour l’heure estimé entre 500.000 euros et 1 million d’euros.

Des inscriptions sur les murs

Cet incendie a provoqué la colère du syndicat agricole les Jeunes agriculteurs (JA) de l'Orne. Des personnes cagoulées auraient été vues sur l'exploitation, vers 2h30. Les inscriptions "assassins" et "camp de la mort" ont été découvertes sur les murs des bâtiments.

Si les gendarmes viennent tout juste d'ouvrir une enquête, les jeunes agriculteurs condamnent dans un message sur Facebook cet acte "qui sous le couvert d’actions contre la 'cruauté animale" est en réalité une action de cruauté humaine !". Ils indiquent que l'exploitant touché par cet incendie "est dans une démarche de dialogue, ouvrant ses portes lors de l'opération Fermes Ouvertes, intervenant sur la communication lors de l'Assemblée Générale de la FDSEA, expliquant son métier."

Une violence croissante à l'égard des agriculteurs

"L’éleveur visé avait déjà été victime d’agri-bashing, explique Alexis Graindorge, président des Jeunes agriculteurs de l’Orne au quotidien. Il précise que cet établissement fait partie d’une liste d’élevages pointés du doigt par les associations militantes.

Dans un communiqué commun, la FNSEA et les JA et les aviculteurs de France dénoncent "une violence croissante et insupportable à l’encontre des agriculteurs", qu'ils trouvent encore "plus insupportable par des signes évidents d’une préméditation méticuleuse, ce qui accentue la détresse de l’éleveur et le sentiment d’angoisse de l’ensemble de la profession."

Ils estiment que le sentiment d'impunité n'a que trop duré, et demandent "que la justice condamne ces actes et prononce des sanctions suffisamment dissuasives." et appellent "à la plus grande fermeté de la part du Gouvernement".

Une soixantaine d'agriculteurs se sont rassemblés ce mardi devant les bâtiments incendiés, a constaté un correspondant de l'AFP. La préfète de l'Orne, plusieurs parlementaires et élus locaux se sont également joints à ce rassemblement.

C.C. avec AFP