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La réouverture des commerces et terrasses signe-t-elle la fin du "quoi qu'il en coûte"?

La réouverture des commerces et des terrasses ne va pas brutalement mettre fin aux aides de l'Etat pour les secteurs les plus affectés par la pandémie. Les dispositifs de soutien seront malgré tout de moins en moins généreux dans les prochains mois.

Ils attendaient ce moment depuis des semaines, voire des mois. Ce mercredi, les commerces dits "non-essentiels", les terrasses des bars et restaurants ainsi que les cinémas et salles de spectacle rouvrent leurs portes. Un véritable bol d'air pour les professionnels de ces secteurs les plus affectés par la pandémie de Covid-19.

Après la mise sous perfusion des entreprises, cette reprise d'activité va-t-elle signer la fin du "quoi qu'il en coûte" promis par Emmanuel Macron au début de la crise sanitaire? Certainement pas, fait savoir l'exécutif. Et pour cause, les restrictions encore en vigueur (jauge d'accueil, couvre-feu...) vont continuer de peser sur les commerçants et restaurateurs dont la trésorerie demeure particulièrement fragile.

Débranchement progressif

Les aides de l'Etat resteront donc inchangées en mai. Bercy prévoit en revanche de fermer progressivement le robinet à partir du mois de juin, selon un calendrier déjà arrêté. Avec des dispositifs de soutien qui vont devenir de moins en moins généreux au fil des mois.

Dès le 1er juin, les commerces n'auront par exemple plus droit au fonds de solidarité. Seuls certains secteurs (bars, restaurants, événementiel, théâtre, cinémas...) dits "protégés" pourront encore en bénéficier à des conditions plus souples qu'aujourd'hui puisque le dispositif sera accessible dès 10% de pertes de chiffre d'affaires, contre 50% actuellement. Et s'il couvrira 40% des pertes en juin, ce ne sera plus "que" 30% en juillet et 20% en août.

Les exonérations de cotisations sociales seront elles aussi revues à la baisse. Au premier juin, leur financement tombera de 20 à 15%. Même chose pour l'activité partielle dans les secteurs non protégés qui verront le reste à charge grimper de 15 à 40% en juillet tandis que les secteurs les plus touchés bénéficieront d'un peu plus de temps. Pour eux, le reste à charge restera nul jusqu'à début juillet avant de monter progressivement pour atteindre 40% au mois de septembre.

De nouvelles aides pour les commerçants

Si ces aides dédiées avant tout aux magasins contraints de fermer administrativement vont progressivement se réduire, d'autres vont voir le jour pour soutenir la reprise des commerçants. Comme annoncé en février, les loyers et les charges locatives payés par les magasins pendant la période de fermeture seront pris en charge par l'Etat. Les discussions se poursuivent à Bruxelles pour préciser les modalités de ce nouveau dispositif.

Par ailleurs, les boutiques de l'habillement, de la chaussure, du sport et de la maroquinerie de moins de 50 salariés pourront bénéficier d'une indemnisation des stocks invendus à partir du 25 mai via une aide forfaitaire représentant 80% du montant de l'aide touchée en novembre 2020 au titre du fonds de solidarité, dans la limite de 8000 euros. Un dispositif distinct concernera les plus gros commerces de plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires par mois.

Enfin, le gouvernement dit travailler actuellement avec les banques pour mettre en place une aide qui viendrait en soutien des boutiques de vêtements n'ayant pas assez de trésorerie pour acheter les nouvelles collections printemps/été.

Caroline Morisseau avec Paul Louis