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La première liaison électrique sous-marine France-Irlande coûtera près d'un milliard d'euros

Le projet Celtic consiste en une liaison à courant continu à haute tension sous-marine de 500 km, d’une capacité de 700 MW, entre l'Irlande et la France.

Le projet Celtic consiste en une liaison à courant continu à haute tension sous-marine de 500 km, d’une capacité de 700 MW, entre l'Irlande et la France. - Stefan Sauer-DPA-AFP

Le régulateur français de l'énergie soutient la création d'une première liaison électrique sous-marine entre l'Irlande et la France, via la Bretagne. En raison de son coût d'investissement estimé de 930 millions d'euros, le projet sollicite un financement européen d'au moins 60%.

Sur fond de Brexit, l'Irlande tient à disposer de son premier câble électrique la reliant directement au marché européen et continental de l'énergie. Il y a quelques jours, les autorités de régulation irlandaise (CRU) et française (CRE) de l'énergie ont adopté une décision conjointe sur le financement du projet d’interconnexion électrique Celtic Interconnector, reliant la France et l’Irlande par la voie maritime.

Celtic consiste en une liaison à courant continu à haute tension sous-marine d’environ 500 km (cf infographie ci-dessous), d’une capacité de 700 MW. Ce câble (et les installations terrestres de connexion qui lui sont nécessaires) représente 930 millions d'euros d'investissement, avec une construction débutant en 2021 et une mise en service prévue en 2026.

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- © Source : RTE

"Cette liaison revêt une importance particulière pour l’Union européenne. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ferait de Celtic l’unique interconnexion entre l’Irlande et le reste de l’UE" explique la commission de régulation de l'énergie. Pour l'Irlande, cette infrastructure lui éviterait de dépendre de l'unique liaison électrique d'interconnexion qui la connecte aujourd'hui au Royaume-Uni, le câble EWIC, de 500 MW de capacité.

Un projet éligible aux subventions de l'Europe depuis... 2013

Celtic a d'ailleurs été déclaré projet d’intérêt commun par la Commission européenne depuis 2013. Il est à ce titre éligible à un soutien financier de la part de l’Union européenne.

Les deux régulateurs de l'énergie irlandais et français ont convenu que cette subvention devait couvrir au minimum 60% du coût d’investissement estimé du projet, et que cette subvention devrait être répartie de manière analogue aux coûts d’investissement, dont 35% seront à la charge de la France (325 millions d'euros). Ce qui correspond à une subvention côté français d'un montant de 195 millions d'euros, qui complétera les 130 millions d'euros qui resteront à la charge de RTE (la filiale d'EDF chargée des réseaux de transport d'électricité).

Si toutefois l'aide financière de l'UE n'atteint pas 60% des coûts d'investissement estimés du projet, les deux régulateurs français et irlandais ont convenu de revoir la décision relative à la répartition des coûts du projet.

Frédéric Bergé