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HSBC va céder sa banque de détail en France à My Money Group

Un cadre de HSBC dans le cadre de l'enquête sur la manipulation du marché des changes.

Un cadre de HSBC dans le cadre de l'enquête sur la manipulation du marché des changes. - AFP

Le fonds Cerberus va reprendre le réseau de 230 agences bancaires et de 4000 salariés de l'activité banque de détail pour 1 euro symbolique. Il entend faire renaître la marque CCF (ex Crédit Commercial de France).

C'est officiel. HSBC va céder sa banque de détail en France à My Money Group, propriété du fonds Cerberus. Ce dernier a annoncé vendredi la signature d'un protocole d'accord.

HSBC compte 244 points de vente physique et 4000 salariés sur son activité banque de détail qui sert environ 800.000 clients. Le périmètre concerné par cette opération ne comprend pas les activités d'assurance et de gestion d'actifs de HSBC, précise le communiqué.

My Money Group entend faire renaître la marque CCF (ex Crédit Commercial de France) qui était celle du réseau racheté par HSBC il y a 11 ans, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Vente pour 1 euro symoblique mais un coût de 1,9 milliard pour HSBC

"Le nouveau CCF serait une banque française indépendante et de taille humaine, dotée d’un large portefeuille de produits haut de gamme", explique le groupe bancaire français dans un communiqué.

L'intégration des activités de détail de HSBC France durera deux ans, explique Eric Shehadeh, le PDG de My Money Group., qui se donne "trois à quatre ans" pour rendre ce réseau à nouveau rentable.

Racheté au prix fort, 11 milliards d'euros, il y a 20 ans, l'activité banque de détail de HSBC France change donc de main après des mois de négociations.

Pas de restructuration avant 2024/2025

La cession des activités va se faire pour un euro symbolique et coûter à HSBC au total 1,9 milliard d'euros.

"Si une vente est mise en oeuvre, vu la performance de ces opérations, une perte est attendue sur la cession", confirmait HSBC lors de la présentation de ses résultats du premier trimestre.

En 2020, la filiale française a perdu plus d'un milliard d'euros.

L'acquérieur s'est engagé à ne mener aucun plan de restructuration avant 2024-2025. My Money Group s'engage à "maintenir une structure bilancielle très solide, un profil de liquidité robuste, et renouvelle son engagement envers une gestion prudente des risques" et à investir 200 millions d'euros dans la refonte de l'architecture informatique et l'optimisation des processus internes.

Ces coûts qui pourraient atteindre 500 millions d'euros, ont fait reculer nombre d'acquéreurs. La Banque postale et la Société Générale notamment ont regardé le dossier, avant d'y renoncer.

Voilà plus d'un an que HSBC cherche à vendre son réseau de détail en France. Le groupe bancaire britannique affiche une santé inquiétante. Avant même la crise du coronavirus, elle avait déjà annoncé un vaste plan de restructuration dans le monde, avec la suppression de 35.000 postes.

Sa présence historique à Hong Kong, au cœur de tensions entre la Chine et les Etats-Unis, couplée aux tensions politiques dans la région administrative, ont encore accentué ses difficultés. Fin mai, HSBC a également annoncé son retrait du marché de
la banque de détail aux États-Unis.

Qui est My Money Group?
My Money Group est née du rachat par le groupe General Electric en 1995 de la Sovac (Société de Vente des Automobiles Citroën), fondée par André Citroën en 1919.

Elle emploie environ 850 collaborateurs et compte plus de 250.000 clients en métropole, mais également en Outre-mer par l'intermédiaire de ses filiales locales en Martinique, Guadeloupe, Guyane Française et sur l'Île de la Réunion.

Sous la marque My Money Bank (ex GE Money Bank), le groupe propose des solutions de financement spécialisées aux particuliers et des activités de crédit immobilier aux professionnels.

Olivier Chicheportiche avec AFP