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Véhicules professionnels : l'heure du choix face à « L'Incertitude Diesel »

Face aux incertitudes liées au diesel, les gestionnaires de flottes d'entreprises sont plus pro-actifs et se diversifient.

Face aux incertitudes liées au diesel, les gestionnaires de flottes d'entreprises sont plus pro-actifs et se diversifient. - PATRICK KOVARIK / AFP

Entre chute des ventes, baisse de l'offre et incertitudes réglementaires, les choix deviennent plus complexes pour les gestionnaires de flotte d'entreprise

Le diesel reste le chouchou des entreprises... Mais pour combien de temps encore? La correction est spectaculaire sur l'ensemble du marché automobile français, avec une part de marché du diesel qui est passée de 70% des ventes en 2012 à 40% seulement fin 2018. Mais pour les véhicules professionnels, même si une correction existe bel est bien, le diesel représente encore 75% du marché (84% il y a un an). C'est dans doute une des raisons qui pousse aussi le Ministère de l'Economie à ne pas trop pénaliser la filière.

Dans un secteur où les véhicules sont renouvelés en moyenne tous les 4 ans, l'impact des mesures gouvernementales et locales à l'encontre des vieux diesel n'est pas significatif. « Même une inclusion des motorisations diesel les plus récentes au sein de la catégorie de vignette Crit'Air 1 n'aurait sans doute qu'un impact marginal", selon Régis Masera, Directeur du Consulting chez Arval France. Et l'intérêt économique de cette motorisation, notamment pour les activités commerciales nécessitant de longs trajets, se justifie pleinement.

Vers une gestion active

« Il n'en reste pas moins que les gestionnaires professionnels préparent l'avenir, et que la transition est en marche. Le seul écueil que redoutent les professionnels serait un changement réglementaire radical », ajoute Régis Masera, pour qui le rôle du conseil en gestion de flotte « est devenu essentiel ». Constat partagé par François Piot, Président de l'Observatoire du Véhicule d'Entreprise, pour qui cette transition se fera sans doute bien plus efficacement par le biais des « Plans Mobilité », obligatoires pour les entreprises de plus de 100 personnes, et assortis de mesures d'accompagnement de l'état.

« C'est la meilleure initiative qui soit » se félicite François Piot, « Cela va obliger les professionnels à organiser bien plus intelligemment leur flotte de véhicules selon les rôles et les tâches de chacun dans l'entreprise. » Auparavant, les professionnels avaient tendance à acheter ou louer des flottes entières de véhicules, souvent diesel, sans vrai discernement d'usage.

Répartition plus équilibrée

« Les entreprises ont parfaitement compris l'intérêt écologique et économique de la transition énergétique et veulent y prendre part », dit François Piot. « Désormais les « Plans Mobilité » nous incitent et nous aident à une gestion bien plus efficace et plus rentable.» A savoir réserver les diesel aux longs trajets, et, par exemple, opter pour des véhicules électriques pour les petits trajets urbains.

Le résultat pourrait être surprenant dans les 5 à 10 prochaines années, grâce au renouvellement régulier du parc. « Si on reste sur les mêmes tendances », dit le patron de l'Observatoire du Véhicule d'Entreprise, « dans l'idéal on pourrait avoir une répartition bien plus équilibrée dans le parc professionnel, avec un quart de véhicules électriques, un quart de diesel, un quart de thermique et le reste en hybrides rechargeables et autres énergies ». 

Une transition raisonnée que seule une vraie stabilité réglementaire et fiscale peut rendre possible, au risque de provoquer, le cas échéant, un vrai contrecoup sur un marché déjà perturbé et incertain.