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Valérie Rabault: "ne pas être "bisounours" dans la compétition mondiale"

Valérie Rabault, la nouvelle rapporteur du Budget à l'Assemblée, était l'invitée de BFM Business, jeudi 15 mai.

Valérie Rabault, la nouvelle rapporteur du Budget à l'Assemblée, était l'invitée de BFM Business, jeudi 15 mai. - -

La rapporteur générale du Budget à l'Assemblée était l'invitée de BFM Business, jeudi 15 mai. Outre le mauvais chiffre de la croissance française, elle a évoqué le décret pris dans la journée par Arnaud Montebourg, qui a provoqué l'inquiétude de Bruxelles.

Le zéro pointé de la croissance française, publié ce jeudi 15 mai par l’Insee, constitue un énième coup dur pour le gouvernement socialiste, mais ce dernier s’emploie à rectifier le tir. C’est le message qu’a voulu faire passer Valérie Rabault, la rapporteur générale (PS) du Budget à l’Assemblée.

"Le chiffre n’est pas bon, je ne vais pas faire de langue de bois", a ainsi assumé la députée, invitée de BFM Business. "On voit que c’est la consommation des ménages qui entraîne vers le bas cette croissance. Cela va passer par un soutien au pouvoir d’achat des ménages, une mesure que nous allons remettre à l’ordre du jour lors du collectif budgétaire de juin".

Le tout alors que les fonctionnaires étaient dans la rue ce jeudi pour réclamer une augmentation de salaire. Interrogée sur ce point, Valérie Rabault a tenu à rappeler qu’il y avait eu "des perspectives salariales cette année, puisque les catégories C et les débuts de carrière de catégorie B ont été revalorisés. D’ailleurs cela s’est vu sur les bulletins de salaire, avec entre 30 et 50 euros par mois de revalorisation".

La direction de la concurrence "fait la loi" à Bruxelles

La rapporteur a également évoqué le dossier Alstom, et le décret pris par Arnaud Montebourg afin de protéger les entreprises stratégiques françaises. Une initiative qui a eu pour principal effet de provoquer l’inquiétude de Bruxelles. "Je préfèrerai que Bruxelles s’inquiète plutôt d’avoir une direction de l’industrie plus forte que la direction de la concurrence, qui aujourd’hui fait la loi. Il faut s’interroger sur la stratégie industrielle que nous voulons pour l’Europe", a réagi Valérie Rabault.

"Il faut aussi que dans la compétition mondiale, nous ne soyons pas 'bisounours'", a-t-elle poursuivi. "Quand le Congrès américain a vu arriver le Chinois Cnooc en 2005, qui était alors la 3ème compagnie pétrolière chinoise détenue par l’Etat, et qui voulait acheter un certain nombre de sociétés américaines, il s’y est opposé. Les Anglais ont également utilisé un droit de veto. Effectivement, il faut respecter le principe de concurrence, sans être 'bisounours' dans l’affaire".

Y. D.