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Sapin: des réformes "pas pour faire plaisir" à l'Europe

Michel Sapin s'est déclaré en accord avec le Nobel d'économie Jean Tirole

Michel Sapin s'est déclaré en accord avec le Nobel d'économie Jean Tirole - Emmanuel Dunand AFP

Le ministre de l'économie a répondu à Angela Merkel, qui juge les réformes françaises insuffisantes.

Le ministre des Finances Michel Sapin a indiqué dimanche 7 décembre faire des réformes pour la France et non pas "pour faire plaisir" aux dirigeants européens, en réponse à des critiques de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Les réformes, on les fait en France non pas pour faire plaisir à tel ou tel dirigeant européen mais parce que c'est nécessaire pour la France", a dit le ministre sur France 5, lors de l'émission C politique.

M. Sapin était interrogé sur des propos d'Angela Merkel qui a estimé que les réformes engagées en France et en Italie étaient insuffisantes, dans une interview dimanche au quotidien conservateur Die Welt. "C'est un propos qui a son sens d'ailleurs surtout quand on sait qu'elle est à la veille du grand congrès de son propre parti", a rappelé le ministre français. Cet entretien est publié deux jours avant la réélection attendue de Mme Merkel à la tête de son parti CDU.

M. Sapin a indiqué ne pas être agacé par ces propos. "Moi aussi il m'arrive de dire des choses sur l'Allemagne. Je dis par exemple qu'en Allemagne j'aimerais bien qu'ils investissent plus", a-t-il noté.

"Ce que dit Tirole est exact"

Le ministre a été par ailleurs interrogé sur une déclaration du lauréat 2014 du prix Nobel d'économie, le Français Jean Tirole, qui a dit dimanche que la France devait suivre l'exemple de l'Allemagne et de la Suède et engager des réformes du marché de l'emploi et de l'État.

Selon lui, "Jean Tirole dit quelque chose de parfaitement exact", rappelant que l'Allemagne "a fait ses réformes de structure il y a dix ans". "Nous faisons des réformes. Nous le faisons à un rythme qui est soutenu, qui est d'ailleurs parfois difficile", a souligné Michel Sapin, citant notamment le marché du travail, en ajoutant qu'"il faut encore avancer".

"Chacun a ses problèmes. Chacun a ses réformes nécessaires", a conclu le ministre, jugeant par exemple que la France "est un modèle du point de vue de la natalité" pour l'Allemagne.

J. H. avec AFP