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Protection sociale: les Français veulent un changement, mais pas trop brusque

Les Français veulent des réformes en douceur.

Les Français veulent des réformes en douceur. - Damien Meyer - AFP

Les Français sont d'accord pour dire que le régime de protection sociale doit évoluer. Mais ils préfèrent que cela se fasse en douceur, note le Crédoc dans une étude publiée ce 29 septembre.

Les Français sont préoccupés par le régime de protection sociale. Mais pas au point d'accepter un changement radical. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude du Crédoc, centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, publiée ce 29 septembre.

7 Français sur 10 estiment, en effet, que le régime de protection sociale doit évoluer. "Les déficits (13,2 milliards d’euros en 2014, et jusqu’à 22 milliards au plus fort de la crise en 2010) remettent chaque année la pertinence du modèle au cœur des débats", précise l'étude. Néanmoins, pour la population, la balance entre coûts et bénéfices semble pencher plutôt du côté positif. 79% personnes citent au moins une association d’idée positive (soins pour tous, protection pour les plus vulnérables, solidarité, modèle à suivre pour les autres pays) alors que celles déplorant les inconvénients du système (lourdeur administrative, impôts trop importants, effets pervers de responsabilité des individus) ne sont que 54%.

C'est pourquoi les Français ne sont que 14% à vouloir un changement radical. 55% penchent plutôt pour des réformes progressives. D'ailleurs, 80% des Français veulent que l'Etat garde son monopole sur le sujet. Et ils vont même plus loin : 47% d'entre eux affirment même qu’ils souhaiteraient que les organismes publics de protection sociale occupent une place plus importante.

Le financement des retraites en tête

Et chose étonnante, c'est le financement des retraites qui arrive en tête des préoccupations en matière de protection sociale (47%). "Il y a vingt ans, en 1995, alors que le pays traversait également une période de récession, le traitement de la pauvreté et de l’exclusion était au cœur des priorités de la population (63% des réponses). Aujourd’hui et malgré l’importance et la durée de la crise, ainsi que la persistance d’un taux de chômage élevé, la lutte contre la pauvreté ou la question de l’indemnisation des chômeurs apparaissent moins urgents", souligne le Crédoc. Le traitement de la pauvreté et l'exclusion arrive en deuxième (36%), suivi de près par la prise en charge des personnes âgées (30%).

Evidemment, cette préoccupation pour le financement des retraites est plus importante chez les actifs. Les moins de 25 ans, eux, se soucient principalement du traitement de la pauvreté (46%). Chez les 70 ans et plus, c’est la question de la dépendance des personnes âgées qui préoccupe le plus (47%).

D. L.