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La Cour des comptes critique le recrutement d'ouvriers de l'Etat

La cour des comptes estime que le statut d'ouvrier de l'Etat est trop coûteux.

La cour des comptes estime que le statut d'ouvrier de l'Etat est trop coûteux. - -

Un référé adressé au Premier ministre a été rendu public par la Cour des Comptes, ce mardi 7 janvier 2014. L'institution critique vivement l'embauche d'ouvriers de l'Etat, un statut plus favorable que celui des fonctionnaires classiques.

En prévoyant de recommencer à recruter des ouvriers de l'Etat en 2014, le gouvernement s'est attiré les foudres de la Cour des comptes. L'institution a publié, ce mardi 7 janvier 2014, un référé adressé à Jean-Marc Ayrault, ainsi que la réponse du Premier ministre.

Dans sa lettre, le premier président de la Cour, Didier Migaud, reconnaît que le secteur de la Défense a effectué des efforts budgétaires. Mais il regrette que le gouvernement envisage d'engager de nouveau des ouvriers de l'Etat, qui "bénéficient en moyenne de rémunération plus élevée que celle servie aux fonctionnaires".

Ce statut était initialement prévu pour les ouvriers chargés de la maintenance des armées. La Cour estime que les besoins de la Défense ont évolué, et qu'elle doit faire aujourd'hui appel à d'autres formes de recrutement, comme l'utilisation de fonctionnaires, "sans exclure la possibilité d'externaliser certaines activités".

105 ouvriers de l'Etat engagés en 2014

La lettre au Premier ministre précise que le ministère de la Défense "partageait l'avis de la Cour". Le statut coûte en effet cher à l'Etat: en 2009, un ouvrier de l'Etat gagnait 1.920 euros de plus qu'un ouvrier de même niveau n'ayant pas ce statut.

Justement, dans sa réponse, Jean-Marc Ayrault justifie le recrutement de 105 ouvriers de l'Etat par l'"attractivité du statut". Selon le Premier ministre, ces avantages sont "nécessaires" pour que la Défense française reste compétitive face au secteur privé.

Il a également rappelé que les créations de postes dans certains secteurs seraient compensées par des suppressions ailleurs. En 2014, même en prenant en compte les nouveaux postes, il y aura une "réduction nette de 867 employés de l'Etat".

J.S