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Croissance: l'OCDE moins optimiste que le gouvernement

L'OCDE ne prévoit plus que 1,4% de croissance pour la France en 2016.

L'OCDE ne prévoit plus que 1,4% de croissance pour la France en 2016. - Eric Piermont - AFP

L'organisation a revu ses prévisions de croissance à la baisse en ce qui concerne la France. Elle voit désormais le PIB augmenter de 1% cette année et de 1,4% l'an prochain.

L'OCDE a baissé mercredi ses prévisions de croissance pour l'économie française, à 1,0% cette année et 1,4% l'an prochain, alors qu'en juin elle attendait encore 1,1% en 2015 puis 1,7% en 2016.

Cette correction intervient alors que Paris a confirmé, ce mercredi 16 septembre, une prévision plus optimiste pour 2016, de 1,5% de croissance. Et le gouvernement français espère même dépasser dans les faits ce chiffre: son ministre des Finances Michel Sapin a qualifié cette prévision de 1,5% en 2016 de "prudente", lors d'une conférence de presse mercredi, et a ajouté: "nous cherchons à nous donner les moyens de faire mieux." Pour 2015, l'Organisation de coopération et de développement économiques et le gouvernement français ont en revanche la même prévision.

L'Allemagne, moteur de la zone euro, continue à afficher une croissance plus forte que la France, mais a elle aussi vu ses perspectives corrigées sensiblement: le Produit intérieur brut allemand devrait selon l'OCDE croître de 1,6% cette année (même prévision qu'en juin) puis 2% l'an prochain (-0,4 point par rapport en juin).

La situation s'améliore "moins vite qu'espéré"

L'OCDE, dans son rapport intérimaire sur l'économie mondiale, n'a pas livré d'analyse détaillée pays par pays. Elle a seulement noté qu'en moyenne en zone euro, la croissance "s'améliorait, mais moins vite qu'espéré", et devrait s'établir à 1,6% cette année et 1,9% l'an prochain.

Selon l'organisation basée à Paris, qui regroupe une trentaine de pays riches, la zone euro aurait dû connaître une reprise plus vigoureuse grâce aux impulsions données par la baisse des prix du pétrole, un euro plus faible et des taux d'intérêt plus bas.

Dans ce contexte, l'OCDE estime que la politique monétaire "très accommodante (de la Banque centrale européenne, BCE) devrait rester en place jusqu'à ce que l'inflation prenne clairement et durablement le chemin de l'objectif officiel", à savoir près de 2%. Cela pourrait prendre du temps: la BCE vient en effet tout juste de baisser encore ses prévisions d'inflation pour la zone euro, à 0,1% en 2015, 1,1% en 2016 et 1,7% en 2017.

Y.D. avec AFP