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Budget: Bruxelles demanderait de nouveaux efforts à Paris

Bruxelles voudrait que Paris en fasse plus sur les déficits en 2016 et 2017

Bruxelles voudrait que Paris en fasse plus sur les déficits en 2016 et 2017 - Geogres Gobet - AFP

La Commission européenne accorderait une mention passable à la France sur son Budget tout en réclamant de nouveaux efforts sur les déficits pour 2016 et 2017, rapporte les Echos ce jeudi 20 novembre. Une demande qui reste toutefois compliquée politiquement.

Paris n'en a pas encore fini avec la Commission européenne. Bruxelles doit encore donner son avis définitif lundi prochain sur le projet de budget français pour 2015, texte qui reporte l'objectif de déficit à 3% du PIB en 2017, alors que Paris s'était engagé à le faire dès l'année prochaine.

Cet avis "promet de ne pas être tendre" pour Paris, selon les Echos de ce jeudi 20 novembre qui ajoute que la Commission devrait donner une mention "passable" au texte français.

Bruxelles devrait ainsi valider le budget en soulignant "l'absence de marges de manœuvre" et en accompagnant son verdict de recommandations pour mettre en œuvre "rapidement" les réformes promises par le gouvernement.

De nouveaux efforts

Mais le quotidien économique explique que ce feu vert obtenu à l'arrachée n'est pas pour autant synonyme de répit pour Paris.

Ainsi, la Commission européenne réclamerait de nouveaux efforts à la France pour les années 2016 et 2017 pour réduire le déficit structurel, c'est-à-dire le déficit corrigé des éléments liés à la conjoncture, selon les Echos.

Le projet de budget français prévoit pour le moment de réduire ce déficit de 0,25 point de PIB en 2016 puis de 0,5 point l'année suivante.

"Des objectifs bien faibles au regard des précédentes recommandations de Bruxelles, qui réclamait 0,8 point en 2015, et qui ne respectent pas le traité, qui exige un effort annuel de 0,5% au minimum pour les pays en procédure de déficit excessif", souligne à ce titre les Echos.

Une demande politique

Le quotidien rappelle que cette demande risque toutefois de se heurter à l'obstacle politique car elle reviendrait à dire que le plan d'économies de 50 milliards d'euros prévu par Paris n'est pas suffisant. Or l'exécutif français a plusieurs fois fait savoir qu'il n'était pas question d'aller plus loin sur ce sujet.

Pour preuve, les propos de François Hollande prononcés en septembre dernier lors de sa conférence de presse: "la France, elle va faire 50 milliards d'économie, et ce n'est pas si facile" mais "elle ne fera pas davantage, parce que ce serait mettre en cause la croissance".

En octobre, le ministre des Finances Michel Sapin a, pour contenter Bruxelles et éviter un premier avis négatif, revue sa copie en trouvant 3,6 milliards d'euros supplémentaires pour réduire le déficit en 2015. Mais sur cette enveloppe, aucune nouvelle mesure d'économies budgétaires n'a été effectuée. La somme doit être trouvée en renforçant la lutte contre la fraude fiscale et en augmentant la fiscalité pesant sur le secteur financier.

J.M.