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72 à 114 milliards d'euros pour le déficit des retraites en 2050

Les déficits des régimes de retraite en France atteindront 72 à 114 milliards d'euros par an à partir de 2050, selon les scénarios qui seront examinés mercredi par le Conseil d'orientation des retraites. /Photo d'archives/REUTERS/Peter Macdiarmid

Les déficits des régimes de retraite en France atteindront 72 à 114 milliards d'euros par an à partir de 2050, selon les scénarios qui seront examinés mercredi par le Conseil d'orientation des retraites. /Photo d'archives/REUTERS/Peter Macdiarmid - -

Les déficits des régimes de retraite en France atteindront 72 à 114 milliards d'euros par an à partir de 2050, selon les scénarios qui...

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le gouvernement ne manquera pas de s'appuyer sur les prévisions de déficits des régimes de retraites présentées ce mercredi pour presser les partenaires sociaux sur une réforme qu'il veut boucler à l'automne.

Le Conseil d'orientation des retraites (Cor) examinera trois scénarios, qui prévoient que le déficit global des différents régimes atteindra 72 à 114 milliards d'euros par an à partir de 2050, a déclaré une source syndicale à Reuters.

Pour 2015, les scénarios prévoient un déficit de 38 à 40 milliards d'euros et, pour 2020, de 40 à 50 milliards d'euros.

Le gouvernement veut présenter un projet de loi en septembre au Parlement, un calendrier jugé très serré par les syndicats lors de l'ouverture lundi d'une consultation sur la réforme.

Selon lui, la dérive des comptes de retraites, alimentée par l'allongement de la durée de la vie et accentuée par la hausse du chômage liée à la crise, impose d'accroître la durée effective de cotisation pour maintenir un nombre suffisant de cotisants.

Le ministre du Travail, Eric Woerth, n'a pas dit s'il privilégiait pour ce faire un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension complète (41 ans en 2012), un relèvement de l'âge légal de la retraite, actuellement fixé à 60 ans, ou une combinaison des deux.

TRAVAILLER JUSQU'À 72 ANS ?

Les syndicats ont déclaré lundi qu'ils refuseraient toute réforme qui ferait porter l'effort uniquement sur les salariés et les fonctionnaires, et ils ont demandé à Eric Woerth de plutôt travailler sur des hausses de prélèvements.

Sans exclure quelques ajustements, Eric Woerth a répondu que le gouvernement n'était favorable ni à une hausse des impôts ni à une hausse générale des cotisations, une option rejetée également par les organisations patronales.

Interrogé sur les prévisions du Cor, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a ironisé mardi sur le refus du gouvernement d'augmenter les recettes des régimes de retraite.

Pour maintenir le niveau actuel des pensions, comme le promet Nicolas Sarkozy, sans relever les prélèvements, "il faudrait travailler jusqu'à 72 ans", a-t-il dit sur France Info.

"Il faut travailler douze ans de plus, c'est naturellement inimaginable pour nous", a ajouté le dirigeant syndical, qui avait appelé la veille les Français à se mobiliser les 20 avril et 1er mai, avant d'autres rendez-vous.

Les travaux du Cor "montrent l'ampleur des défis qui sont à relever mais ça ne permet pas de trancher les différentes options politiques", a-t-il ajouté, annonçant d'ores et déjà "une querelle d'interprétation des chiffres" du Cor.

Edité par Sophie Louet