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Egalité salariale: les inspecteurs du travail s'inquiètent du quadruplement des contrôles, pas la ministre

La ministre du Travail prône une hausse des contrôles sur l'égalité salariale.

La ministre du Travail prône une hausse des contrôles sur l'égalité salariale. - Philippe Lopez - AFP

Muriel Pénicaud s'est montrée ferme face aux inspecteurs du travail. Ces derniers estiment que le quadruplement des contrôles sur le respect de l'égalité salariale entre hommes et femmes leur fera trop de travail. La ministre du Travail n'est pas de cet avis.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a estimé que le quadruplement des contrôles sur le respect de l'égalité salariale entre hommes et femmes était une charge de travail qui n'était "pas inabsorbable" par les inspecteurs du travail qui se sont inquiétés après cette annonce. "Mon objectif, ce serait déjà, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, deux contrôles par semaine par inspecteur du travail, on est en dessous de ce chiffre", a-t-elle dit devant l'Association des journalistes sociaux (Ajis).

"C'est une question de priorité. Ils ne peuvent pas faire tout sur tous les sujets à la fois", a-t-elle précisé, rappelant que les quatre priorités étaient la lutte contre le travail illégal, la fraude au travail détaché, l'égalité salariale hommes-femmes, ainsi que santé et conditions de travail. Sur l'égalité salariale, la réforme annoncée équivaut en nombre de contrôles à "trois par an par inspecteur, cela n'est pas inabsorbable", a-t-elle lancé.

"Une inspection du travail forte"

"Je suis persuadée qu'on a besoin d'une inspection du travail forte pour faire respecter le droit", a dit la ministre. Mais, a-t-elle ajouté, "en termes d'effectifs, on est au-dessus des normes de l'OIT (Organisation international du Travail) donc il n'y a pas de sujet sur le nombre aujourd'hui". Elle a insisté: "C'est la question des priorités".

Après l'annonce la semaine dernière du quadruplement des contrôles sur l'égalité salariale, à 7000 par an dans les entreprises de plus de 50 salariés, le SNTEFP-CGT, premier syndicat de l'inspection du travail, s'était insurgé. Il avait ainsi jugé "particulièrement illusoire" et "hypocrite de prétendre" renforcer les contrôles "dans un contexte de suppression aussi massive de postes". "Moins d'agents, ce sera en réalité moins de contrôles, sauf à surcharger des services déjà asphyxiés par le sous-effectif chronique".

Les mesures "vont dans le bon sens et montrent que l'inspection du travail a un rôle régulateur", avait de son côté relevé Luc Durand, secrétaire général du Syntef-CFDT. "Mais comment on va faire pour remplir nos objectifs avec des effectifs en moins et des crédits en baisse?", a-t-il ajouté. Il y a environ 2000 inspecteurs du travail en France.

Un million de formations

Par ailleurs, la ministre a estimé que le compte personnel de formation (CPF), que le gouvernement va réformer, pourrait permettre de financer "un million" de formations par an "en année de croisière", contre moins de 600.000 aujourd'hui.

Dans le cadre de sa réforme de la formation professionnelle, qui doit être adoptée cet été, le gouvernement va remodeler le CPF, en changeant son unité de mesure d'heure en euro. Les salariés y cumuleront 500 euros par an (contre 24 heures aujourd'hui) dans la limite de 5000 euros (contre 150 heures). Les salariés non qualifiés auront des droits majorés et ceux à temps partiel les mêmes droits que ceux à temps plein. Le spectre des formations éligibles sera en outre élargi.

D. L. avec AFP