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Droits de succession : le débat est clos

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Illustration - Bertrand GUAY / AFP

Emmanuel Macron exclut de modifier les droits de succession durant le quinquennat, fait savoir l'Elysée. Le chef de l'Etat ferme donc la porte à la réflexion que voulait ouvrir le délégué général de la République en Marche, Christophe Castaner

Le débat est clos. Emmanuel Macron ne veut pas entendre parler d’une réforme des droits de succession. Pour lui, les retraités ont déjà assez été mis à contribution avec la hausse de la CSG lors du premier budget 2018, et les pensions qui ne suivront plus l'inflation en 2019.

Ces efforts résultent certes d’un choix de politique économique assumé par le chef de l’Etat : privilégier les actifs, revaloriser le travail, tout en rétablissant l’équilibre des comptes publics. Pour cela, il demande un effort particulier aux retraités. Mais, conscient aussi que la coupe est pleine pour cette frange de l'électorat qui est celle qui se rend le plus aux urnes, il ne veut pas ouvrir la réflexion sur une réforme des droits de succession.

Ne pas accabler les retraités

Le sujet est pourtant en phase avec son discours de campagne : privilégier l’argent qui circule à la rente et corriger les inégalités de naissance. Mais une telle approche aurait resserré encore un peu plus l’étau autour des retraités qui ne décolèrent pas contre le chef de l’Etat.

Même son de cloche du côté de Matignon, où l’on nous avoue ne pas avoir été prévenu de l’initiative de Christophe Castaner. Alors pourquoi une telle sortie du délégué général d’En Marche vendredi dernier ? C’est vrai que le parti a du mal à émerger dans le débat public. « Il cherche à faire exister le parti, à être un apporteur d’idée », analyse un proche d’Edouard Philippe qui, dans le même temps, balaie d’un revers de main le sujet des droits de succession. « Il n’en sera pas question dans le budget 2019 présenté lundi prochain » nous assure t-il.

Priorité de Matignon : ne pas augmenter les impôts

Les priorités fiscales du gouvernement sont ailleurs. Il s’agit de mettre en place le prélèvement à la source, de supprimer la taxe d’habitation et de refondre la fiscalité locale. "Hors de question à ce stade d’ouvrir de nouveaux chantiers fiscaux", renchérit-on à Bercy. Surtout celui sur les successions, qui a un caractère passionnel. Un proche d’Edouard Philippe rappelle, prudent, que « la fiscalité des successions, c’est comme la Constitution, il faut la toucher…avec la main qui tremble… »

Mathieu JOLIVET