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Dassault sur le point de vendre son Rafale à l'Inde ?

L'Inde pourrait commander 125 Rafale en 2013

L'Inde pourrait commander 125 Rafale en 2013 - -

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, se rendra à New Dehli au début de 2013 pour accélérer la vente de 126 Rafale à l'Inde. Un marché de près de 15 milliards d'euros, vital pour Dassault Aviation, et important pour l'Etat.

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a annoncé, jeudi 22 novembre, devant les commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, qu'il se rendrait en Inde début 2013.

Son objectif est d'obtenir le feu vert définitif du gouvernement indien à l'achat de 126 Rafale après des mois de négociations exclusives entre celui-ci et Dassault Aviation. " Il faut un accord inter-étatique avec l'Inde", a déclaré le ministre de la Défense devant les parlementaires.

Pour obtenir le oui de New Dehli, le gouvernement français devrait donner son accord à des transferts de technologies. L'Inde réclame, en effet, de pouvoir assembler 108 appareils sur place, ce qui nécessite naturellement de tels transferts.

Pour Dassault Aviation , ce contrat est essentiel. Après l'échec de la vente de 60 avions de chasse aux Emirat Arabe Unis (EAU) et la décision du Brésil de reporter une nouvelle fois sa commande, le groupe français n'a toujours pas vendu le moindre appareil à l'exportation. Seuls 110 avions ont été livrés à l'Armée de l'air et la Marine nationale.

L'Etat français s'est, en effet, engagé à acheter 11 Rafale par an à Dassault Aviation pour un coût d'environ un milliard d'euros afin de maintenir l'activité de Dassault tant que celui-ci n'a pas engrangé de commandes à l'exportation.

Quatrième exportateur mondial

La vente de Rafale aurait également l'avantage de doper le chiffre d'affaires français en matière d'exportations d'armes. Selon le rapport 2012 que vient de rendre public Jean-Yves Le Drian, la France a signé pour 6,5 milliards d'euros en 2011 de prises de commande d'armement, malgré une conjoncture défavorable. En 2010, le montant était de 5,8 milliards. Loin en tout cas des 8 milliards de 2009.

Avec 165 000 emplois, l'industrie d'arment française maintient sa 4eme place mondiale avec 8,5% de part de marché à l'export loin derrière les Etats-Unis (44%), la Russie (14%) et le Royaume Uni (11%) mais devant Israël (5%), l'Italie (3,6%) et l'Allemagne (3,9%).

Ce classement pourrait être remis en cause à l'avenir. "De nombreux pays font du développement de leur secteur industriel de défense une priorité politique. La Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud ou bien encore l’Inde aspirent à entrer dans le cercle des grands exportateurs ou prétendent à une autonomie industrielle", souligne le rapport.

" La Corée du Sud, par exemple, a développé son offre et a enregistré une augmentation importante de ses exportations. Elle affichait, pour 2009, un milliard d’euros de prises de commandes et un objectif de trois milliards d’euros en 2012, ce qui lui permettrait de se positionner au sixième rang mondial.", ajoute le document.

De son côté, "La Turquie finalise ses premiers succès et participe à des appels d’offre en Corée du Sud ou en Arabie saoudite. Enfin, la Chine voit son offre évoluer et constitue également une concurrence nouvelle."

Patrick Coquidé