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Coronavirus: les grandes entreprises françaises renoncent les unes après les autres à leurs objectifs 2020

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Airbus, TF1, Vinci, Saint Gobain... Les fleurons hexagonaux doivent revoir leurs objectifs financiers à la baisse ou les mettre en attente, compte tenu des conséquences de l'épidémie.

Alors que la France entre dans sa deuxième semaine de confinement, les grandes entreprises françaises prennent acte de la chute actuelle et future de l'activité et revoient les unes après les autres leurs objectifs financiers pour l'année en cours. Tour d'horizon des principales annonces de lundi. 

Airbus :

L'avionneur européen a annulé le versement de dividendes à ses actionnaires au titre de l'année 2019 ainsi que ses prévisions de résultats pour 2020, a annoncé lundi le constructeur aéronautique européen, soucieux d'atténuer l'effet de la crise du coronavirus sur sa trésorerie.

Dans un communiqué, Airbus précise avoir "reçu l'aval" de son conseil d'administration pour "retirer la proposition de dividende 2019 de 1,80 euro par action qui représente une valeur totale d'environ 1,4 milliard d'euros". 

Vinci :

Le géant français du BTP Vinci renonce à ses objectifs financiers pour 2020 face à la crise du coronavirus, a-t-il annoncé lundi, frappé à la fois par l'annulation de chantiers et la chute du trafic dans les aéroports. "L'objectif, annoncé en février dernier, d'une progression du chiffre d'affaires et du résultat pour 2020 ne pourra pas être tenu", a prévenu Vinci dans un communiqué.

Le géant français est frappé à plusieurs titres car il est à la fois actif dans la construction et dans la gestion d'infrastructures de transports, autoroutes comme aéroports. Sur le premier plan, il subit en France l'"interruption de très nombreux chantiers", mais gère une situation "plus contrastée" à l'international, ayant pu maintenir son activité dans de multiples pays.

Dans les transports, ce sont d'abord les aéroports qui plombent le groupe, alors qu'il s'y développe fortement ces dernières années avec notamment l'acquisition gigantesque de celui de Gatwick à Londres l'an dernier. Le trafic des aéroports "s'est fortement dégradé en mars avec une baisse estimée de l'ordre de 40% sur les trois premières semaines du mois", rapporte Vinci.

Quant aux autoroutes, la situation est moins affectée, car le trafic des poids lourds ne s'est pas effondré, vu le "maintien d’un niveau d'activité économique minimum" en France.

Le groupe, qui table sur une baisse "prononcée mais limitée dans le temps" de ses revenus, fera un nouveau point lors de son assemblée générale le 9 avril.

Saint-Gobain :

Le groupe industriel, géant des matériaux de construction, va revoir ses objectifs 2020 et réduire fortement ses investissements face à la crise du coronavirus, a-t-il annoncé lundi. "Compte tenu de la pandémie, la +guidance+ 2020 du groupe s'en trouve remise en cause sans qu'il soit possible aujourd'hui d'en évaluer l'impact", a prévenu Saint-Gobain dans un communiqué.

Saint-Gobain précise qu'il fera un nouveau point lors de la publication de son chiffre d'affaires du premier trimestre le 23 avril.

Saint-Gobain va également baisser ses investissements industriels en 2020 par rapport à 2019, "très significativement au-delà des 200 millions d'euros de réduction initialement annoncés, en reportant tous les projets possibles prévus pour les prochains mois".

Le groupe souligne également qu'il bénéficie d'une "situation financière très solide" avec "la trésorerie et (les) moyens de financement nécessaires pour faire face aux conséquences de la pandémie".

Saint-Gobain indique qu'il disposait au 31 décembre dernier de 5 milliards d'euros de disponibilités et équivalents de trésorerie et qu'il a récemment renforcé ses sources de financement, avec notamment une nouvelle ligne de crédit syndiquée de 2,5 milliards d'euros, qui s’ajoute à des lignes de crédit confirmées et non utilisées de 4 milliards d'euros. 

Total :

Le groupe pétrolier a annoncé lundi une réduction de plus de 3 milliards de dollars de ses investissements et un plan d'économies pour faire face à l'effondrement des cours du brut. Les investissements du numéro un français du pétrole vont être ramenés à moins de 15 milliards de dollars cette année, soit une réduction supérieure à 20%. 

Total va simultanément doubler son plan d'économies, le faisant passer de 400 à 800 millions d'euros et suspendre son programme de rachat d'actions.

Dans un message adressé aux salariés de l'entreprise, le PDG Patrick Pouyanné a expliqué que le budget 2020 a été calé sur un prix du baril de 60 dollars; or il est tombé récemment sous les 35 dollars, ce qui, si la situation devait se prolonger toute l'année, entraînerait un "trou" de 9 milliards de dollars.

Selon lui, ce trou devrait être comblé pour plus de 5 milliards de dollars par les mesures annoncées lundi: 3,3 milliards de dollars par la réduction de l'investissement (supportée pour l'essentiel par le secteur de l'exploration/production), 0,4 milliard avec la baisse des coûts d'exploitation et 1,5 milliard avec la suspension du programme de rachats d'actions. Le solde sera compensé par un recours accru à l'endettement. M. Pouyanné a également annoncé un "gel immédiat" des recrutements, sauf dans des secteurs jugés prioritaires comme les énergies renouvelables et le numérique.

Europcar :

Le spécialiste de la location de voitures a déclaré lundi que ses objectifs 2020 n'étaient plus d'actualité et qu'il était prématuré d'évaluer l'impact de la crise sanitaire en cours sur ses ambitions à court et moyen-terme. Dans un communiqué, le groupe français explique qu'après un bon démarrage de l'année, ses activités ont été affectées par la pandémie de coronavirus.

TF1 :

Le groupe de télévision a averti lundi qu'il serait touché significativement par la crise économique due au nouveau coronavirus, qui le conduit à "suspendre" ses objectifs financiers annoncés en février dernier, selon un communiqué.

"Nos clients annonceurs, en particulier dans les secteurs du tourisme, des biens culturels ou du transport, sont amenés à reporter ou annuler un grand nombre de campagnes", explique le groupe qui redoute un "effet significatif sur les performances publicitaires du mois de mars puis plus important sur le mois d'avril".

Pour 2020, la filiale du groupe Bouygues avait réitéré en février ses perspectives d'un taux de marge opérationnelle courante à deux chiffres et d'un coût des programmes stable à 985 millions d'euros.

En 2021, elle visait un chiffre d'affaires de son pôle numérique Unify d'au moins 250 millions d'euros (soit une progression d'environ 20% par an sur les deux prochaines années), et une amélioration de ses indicateurs financiers.

OC avec AFP