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Conférence sociale: le dialogue social chahuté

La conférence sociales s'est achevée ce mardi 8 juillet.

La conférence sociales s'est achevée ce mardi 8 juillet. - -

La conférence sociale s'est achevée ce mardi 8 juillet. Quatre syndicats ont quitté la table des négociations. Un refus du dialogue social pointé du doigt par Manuel Valls dans son discours de clôture.

La troisième édition de la Conférence sociale a pris fin ce mardi 8 juillet. Avec quatre syndicats - la CGT, Force Ouvrière, FSU et Solidaires - qui claquent la porte, le dialogue social vanté par le Premier ministre comme une méthode de réforme "utile" pour le pays, a pris un sérieux coup de plomb dans l'aile.

"La conférence est un accélérateur du dialogue social, elle est utile", a pourtant insisté Manuel Valls en clôturant la rencontre.

Aux commandes depuis 100 jours, il a regretté l'absence des syndicats contestataires, sans les nommer, estimant que leur attitude "ne fait pas avancer les choses".

"Je ne minimise pas ce geste (...) ponctuel", mais ne lui donne pas "une portée excessive", a-t-il dit. "Je n'ai pas entendu l'annonce d'un retrait de toute négociation, de tout échange avec l'Etat, même si j'ai entendu une critique globale du pacte de responsabilité et de la politique du gouvernement".

Le Premier ministre, qui a énoncé la feuille de route sociale pour l'année à venir, a prévenu les syndicats, qu'un "refus prolongé du dialogue serait une posture incompréhensible" et souligné que le gouvernement fera preuve de "fermeté quant aux principes".

Pour les contestataires, tous opposés au pacte de responsabilité, cheval de bataille du gouvernement, ce mouvement d'humeur était un avertissement au Premier ministre qu'ils accusent de trop pencher du côté patronal, en particulier après ses annonces sur la pénibilité et le code du travail.

La feuille de route de Manuel Valls

Reprenant les engagements formulés la veille par le président Hollande, Manuel Valls a dans sa feuille de route pour l'année à venir, confirmé la volonté d'agir davantage en faveur de l'emploi des jeunes, notamment via la formation et l'apprentissage.

Il a annoncé une négociation "dès la rentrée" sur les "demandeurs d'emploi de longue durée" et appelé à "accélérer" les négociations de branche sur les contreparties au pacte de responsabilité. Il a aussi annoncé un "comité de suivi" des aides publiques aux entreprises, répondant à une demande syndicale.

Sur le dossier sensible du dialogue social en entreprise, avec la question des seuils sociaux créant des obligations aux entreprises en embuscade, il a confirmé qu'il fera l'objet d'une négociation sous peu, qu'il espère conclusive.

Et enfin, il a réaffirmé la baisse d'impôt sur le revenu des classes moyennes.

"Un tas d'avancées", selon la CFDT

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a salué mardi à l'issue de la conférence sociale un "tas d'avancées qui montrent qu'il fallait être autour de la table", notamment la mise en place d'un observatoire des aides aux entreprises.

Le secrétaire général de la CFDT a notamment salué l'annonce, lundi, par François Hollande, de l'installation d'un "observatoire des aides aux entreprises, qui était une exigence de beaucoup de syndicats".

Le patron du Medef Pierre Gattaz a estimé mardi à l'issue de la conférence sociale que celle-ci avait été "constructive", se disant "globalement satisfait" et indiquant que le discours du Premier ministre Manuel Valls allait dans le bon sens pour "la confiance" des employeurs.

D. L. avec AFP