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Commerce international: Berlin-Pekin même combat

La Commission européenne propose d'instaurer une lourde taxe sur les importations de panneaux solaires chinois, de 47%.

La Commission européenne propose d'instaurer une lourde taxe sur les importations de panneaux solaires chinois, de 47%. - -

L'Allemagne a refusé, ce lundi 27 mai, d'approuver les sanctions proposées par Bruxelles vis-à-vis des panneaux photovoltaïques chinois. Berlin cherche ainsi à éviter de froisser un important partenaire commercial, en privilégiant le dialogue.

Quitte à se froisser avec ses voisins européens, Berlin se pose de plus en plus en défenseur de Pékin. Ce lundi 27 mai, le ministre allemand de l'Economie Philipp Rösler a indiqué que l'Allemagne refuse l'idée de prendre des sanctions à l'encontre de la Chine dans le domaine du photovoltaïque, idée proposée par Bruxelles.

"De notre point de vue, les mesures de sanctions ne sont plus nécessaires et c'est pour cela que l'Allemagne a dit 'non' aujourd'hui", a-t-il déclaré, dans un discours, avant un déjeuner avec le Premier ministre chinois, Li Keqiang, réunissant des entrepreneurs chinois et allemands.

La Commission européenne souhaite, en effet, imposer des lourdes taxes de 47% sur les importations de panneaux solaires, afin de préserver la survie des entreprises européennes qui dénoncent une concurrence déloyale de la part des sociétés chinoises.

Philipp Rösler a indiqué que l'Allemagne avait demandé, vendredi 24 mai, à la Commission européenne de prolonger le délai pour donner son avis, fixé alors à lundi dix heures, "afin de pouvoir dialoguer avec nos amis ou partenaires" chinois à ce sujet. Nous sommes contre des mesures de protectionnisme, pour des marchés ouverts et une concurrence juste" entre les pays, a-t-il déclaré.

Berlin veut "éviter la confrontation" avec Pékin

Cette décision allemande n'est pas une surprise. La chancelière Angela Merkel avait rejeté dimanche soir toute mesure protectionniste, invitant au dialogue avec la Chine. Lors d'une conférence de presse commune avec Li Keqiang, elle avait assuré qu'elle ferait "tout pour trouver une solution par la discussion et ne pas tomber dans une sorte de confrontation" avec Pékin.

La tension monte actuellement de plus en plus entre Bruxelles et Berlin sur plusieurs dossiers chauds: équipementiers télécoms, photovoltaïque et, plus récemment, la chimie. Pékin aurait notifié à la Commission européenne une nouvelle procédure anti-dumping contre certains chimistes européens, selon Les Echos de ce 27 mai.

L'Allemagne, elle est clairement prise entre le marteau et l'enclume. La Chine est, en effet, son troisième partenaire commerciale, après la France et les Pays-Bas, et les industriels allemands s'inquiètent des tensions naissantes entre Bruxelles et Pékin. Ce pourquoi Berlin tente de calmer le jeu. La semaine passée, le ministre de l'Economie Philipp Rösler avait mis en garde contre de possibles représailles de Pékin, se faisant l'écho des inquiétudes de l'industrie allemande.

Arnaud Montebourg soutient Bruxelles

De l'autre côté, les mesures protectionnistes prises par Bruxelles font le bonheur de certains dirigeants européens. Ce lundi 27 mai, Arnaud Montebourg a encore affirmé toute sa satisfaction quant aux mesures envisagées par Bruxelles.

"La France soutient la démarche de la Commission européenne car nous souhaitons des rapports équilibrés entre la Chine et l'Union européenne", a déclaré le ministre du Redressement productif à des journalistes, à l'issue de la présentation du rapport de la Médiation inter-entreprises. L'axe Paris-Berlin se fracture donc une nouvelle fois...

J.M. avec AFP