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Comment la Bretagne a frôlé le black-out

Les éoliennes ont produit près de 10.000 megawatts

Les éoliennes ont produit près de 10.000 megawatts - TOBIAS SCHWARZ / AFP

Le PDG d’EDF a révélé que le réseau électrique avait failli tomber fin février. Une situation qui s’était déjà produite l’an passé.

On n’est pas passé loin de la coupure. Le mercredi 28 février dernier, à 19h16, la France a connu un pic de consommation électrique qui failli faire déraper le réseau. "On est passé tout juste" confie un bon connaisseur du secteur. "Les marges étaient très réduites, admet-on sobrement chez RTE, le gestionnaire du réseau électrique. Mais on n’a pas eu besoin de mettre en place nos mesures de secours". Il ne restait qu’une marge d’environ 400 megawatts, équivalente d’une grosse centrale au gaz. Tous les moyens de production tournaient à plein régime, notamment les réacteurs nucléaires disponibles, et les importations étaient aussi très élevées.

C’est notamment en Bretagne que le réseau a failli "tomber". Une région, comme le sud-est, qui dispose de peu de moyens de production. Jeudi après-midi, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Levy a lui-même évoqué ce jour de très forte tension sur le réseau, lors de son audition à l’Assemblée nationale. Il a notamment évoqué "le problème d’approvisionnement de la Bretagne", ce jour-là.

L'hiver prochain encore tendu

Le pire a été évité grâce aux éoliennes qui ont produit à plein régime ce jour-là, soit près de 10.000 megawatts, l’équivalent de 9 réacteurs nucléaires. La Bretagne a aussi été "sauvée" par sa centrale à charbon de Cordemais, près de Nantes. "Beaucoup de salariés étaient en grève et ont accepté de reprendre le travail pour monter sa production au maximum" explique un salarié d’EDF.

Chez RTE, on tient à minimiser la gravité de la situation, rejetant le risque de "black-out". "Le black-out c’est un effondrement généralisé du réseau", justifie Jean-Paul Roubin, directeur de l'exploitation du réseau. C’est la pourtant la deuxième fois en deux ans qu’un tel scénario se produit. L’an passé, le vendredi 20 janvier 2017, la marge avait été encore plus réduite, d’environ 200 megawatts, avant que le réseau ne soit saturé.

RTE a souligné en novembre dernier que l'hiver prochain serait encore "tendu" compte tenu des moyens de production existant. Une chose est désormais certaine, EDF disposera encore de la centrale de Fessenheim qui devait s’arrêter fin 2018. Il a repoussé son exploitation jusqu’à l’été 2019 en raison du retard du démarrage de l’EPR de Flamanville.

Matthieu Pechberty